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Xavier Bertrand : « L’heure n’est pas à la déconstruction de l’histoire mais à la reconstruction d’une cohésion nationale »

Tribune. L’histoire est à une nation ce que la mémoire est à un individu. Elle fonde son identité : elle est donnée, tout entière, en héritage à ceux qui naissent sur le sol de France, et en partage à ceux qui veulent devenir français. Elle éclaire notre action. Elle nous permet de nous projeter vers l’avenir. Avec ses dimensions de grandeur et sa part d’ombre, notre histoire nous définit et forme le socle de nos valeurs.

Pourtant, sans même mesurer l’atteinte portée à notre dignité nationale, le chef de l’Etat, sur un média étranger [sur CBS News, dans l’émission « Face the Nation », dimanche 18 avril], en anglais, vient d’affirmer qu’il fallait « déconstruire » notre histoire. Au-delà de l’inconséquence sur la forme, cette position est d’une profonde naïveté. Elle est injuste au regard de ce qu’est la France. Elle instille un poison mortel dans notre unité nationale.

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Naïveté. Monsieur le Président, ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas le nécessaire devoir de mémoire et la lutte indispensable contre toutes les formes de discriminations. C’est un combat à mort qui est engagé contre nos valeurs, contre notre modèle de société. En instrumentalisant le débat sur la colonisation et l’esclavage, les démolisseurs de notre civilisation cherchent à imposer l’idée que l’Occident se serait construit sur l’asservissement et le crime, et qu’il continuerait aujourd’hui, dans le fonctionnement même de nos sociétés, à obéir à ces logiques. Ils gangrènent l’esprit de tant de nos enfants : vous ne pouvez pas, vous ne pouvez plus l’ignorer.

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Ce qui est à l’œuvre, c’est une nouvelle guerre idéologique, sans merci, dans laquelle ont fait leur jonction les ennemis jurés de l’humanisme : l’islamisme radical et l’ultragauche. Comment vous, le chef de l’Etat, garant de l’unité nationale, pouvez-vous être assez aveugle pour prêter la main à cette entreprise de destruction de ce que nous sommes ?

Injustice. Loin de moi l’idée de réfuter la nécessité de faire retour sur notre histoire, d’engager les débats nécessaires, de nommer les choses afin que nous puissions tous ensemble, unis, nous projeter vers l’avenir. Mais il est hors de question de laisser penser, de laisser dire, que notre société serait fondée sur une logique de domination et de discrimination institutionnalisée. C’est une insulte à la vérité et à l’honneur de notre nation qui, dans l’histoire, a porté, dans une logique universelle, des valeurs qui ont permis l’émancipation de chacun. Une nation qui, aujourd’hui encore, est sans doute la plus solidaire au monde.

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