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Violences sexuelles dans le sport : 445 personnes mises en cause

La cellule sur les violences sexuelles dans le sport a été mise en place l’hiver dernier après la parution du livre « Un si long silence », de la patineuse Sarah Abitbol.

C’est le premier bilan de #metoo dans le monde du sport : près de 445 personnes ont été mises en cause à ce jour grâce à des signalements remontés à la cellule sur les violences sexuelles dans le sport, a annoncé, vendredi 2 avril, la ministre chargée des sports Roxana Maracineanu, à l’occasion de la deuxième convention consacrée à ce sujet.

Cette cellule a été mise en place l’hiver dernier après la parution du livre Un si long silence (Plon), de la patineuse Sarah Abitbol. Elle y raconte comment elle a été violée par son entraîneur entre 15 et 17 ans, au début des années 1990. Son livre avait provoqué des révélations en cascade.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le « si long silence » de Sarah Abitbol

63 % des victimes ont moins de 15 ans

Un premier état des lieux établi à la mi-février décomptait 387 signalements et 421 personnes mises en cause, dont 245 éducateurs professionnels ou bénévoles (respectivement 188 et 57). La déléguée ministérielle chargée des violences sexuelles dans le sport, Fabienne Bourdais, a précisé vendredi que « 48 fédérations sportives » étaient concernées et que 12 « concentrent 66 % des affaires ».

Autre chiffre relevé par les participants à cette convention, y compris par le garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti, venu assurer du soutien de la justice, « 63 % des cas concernent des mineurs de moins de 15 ans ». Fabienne Bourdais a relevé que « 25 signalements » émanaient de structures de haut niveau, ce qui signifie que « la grande majorité des faits se déroulent dans des clubs classiques ». Les préfets ont prononcé 191 mesures d’interdiction administratives. Sont concernés 29 agents publics, dont 16 du ministère des sports et 11 de l’éducation nationale, parmi lesquels sept professeurs d’EPS.

La parole se libère

Témoignant en tant que présidente de la cour d’assises du Loiret, Aude Cristau a expliqué que « le milieu du sport attire des prédateurs, comme l’école », évoquant le cas d’un moniteur de cyclisme sur route coupable de « 19 viols ». Elle a également insisté sur les symptômes de stress post-traumatique des victimes (scarifications, troubles alimentaires, mutisme…). « Des petites filles se cachent sous mon bureau », incapables de parler, a-t-elle souligné. Cette difficulté de dire les crimes subis est souvent synonyme de rupture avec le milieu du sport. « J’ai eu une petite cavalière qui m’a dit : j’ai préféré subir plutôt que de rompre mon parcours de compétition », poursuit Aude Cristau.

Sarah Abitbol, présente à la convention, a expliqué qu’elle « était sur le chemin de la guérison ». Un an après la sortie de son livre, « les victimes ont moins honte de parler. C’est difficile, car on a l’impression d’entacher notre sport (…) mais il le fallait. Je suis fière de l’avoir fait, même si parfois il y a encore des retours compliqués », a-t-elle témoigné.

Lire aussi l’appel des athlètes français : Face aux violences sexuelles dans le sport, il faut « briser le silence »

Le Monde avec AFP

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