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Violences contre la CGT le 1er-Mai : des faits « scandaleux » dénoncés par de nombreux politiques

La manifestation parisienne du 1er-Mai a été marquée par 46 interpellations, mais également par des heurts lors de son arrivée place de la Nation, samedi en fin d’après-midi. Des dizaines de manifestants masqués s’en sont pris à des véhicules de la Confédération générale du travail (CGT) en criant « CGT collabo ». Les véhicules du syndicat ont été caillassés et des bagarres ont éclaté entre le service d’ordre du syndicat et des manifestants. La CGT a fait savoir, dans un communiqué publié dans la soirée, que 21 de ses membres ont été blessés. Les quatre blessés qui avaient été hospitalisés sont depuis sortis de l’hôpital, a appris l’Agence-France-Presse (AFP) dimanche 2 mai.

Ils ont été victimes d’une « extrême violence » commise par « un important groupe d’individus, dont certains se revendiquant “gilets jaunes” ». « Insultes homophobes, sexistes, racistes ont précédé des actes de vandalisme sur des véhicules des organisations », a énuméré le syndicat, évoquant « un déchaînement de coups et de jets de projectiles ». « La CGT était particulièrement ciblée », selon le syndicat.

Le journaliste du Huffington Post Pierre Tremblay, qui a filmé la scène, a posté une vidéo en disant que plusieurs militants CGT étaient « sous le choc » après avoir été pris à partie en arrivant sur la place de la Nation, au sud-est de la capitale.

« C’est scandaleux que nos camions et nos militants aient été caillassés », a réagi Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, interrogé samedi soir sur LCI. « Le problème, d’abord, c’est la sécurisation de la manifestation puisque les camions ont été empêchés de dégager la place de la Nation », a-t-il déclaré. « Il y a eu des erreurs graves dans la gestion de cette manifestation », a dénoncé le responsable syndical.

Maryline Poulain, membre de la direction élargie de la CGT, a fait part de sa « colère immense ». « Soutien à mes camarades de lutte. Nous ne nous laisserons pas intimider par des décérébrés qui nourrissent la division et servent les intérêts du capital », a-t-elle tweeté samedi soir.

Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, a lui aussi exprimé sa « solidarité » et jugé « indigne de s’attaquer à une organisation syndicale et à ses militants », sur Twitter.

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« Où va la France ? »

Mais les réactions ne se limitent pas au monde syndical, plusieurs hommes et femmes politiques ont fait part de leur indignation ces dernières heures. « Solidaire des militants CGT agressés par un commando masqué. La violence déployée contre le grand syndicat signe la gravité de l’événement. Où va la France ? », s’est révolté Jean-Luc Mélenchon, candidat La France insoumise (LFI) à la présidentielle de 2022.

Clémentine Autain, députée LFI et tête de liste LFI en Ile-de-France pour les régionales, a exprimé sa « profonde solidarité » aux militants agressés hier à la fin de la manifestation parisienne, à travers un tweet. « Cet acte ciblé lâchement commis par des personnes masquées signe la gravité de notre époque », a-t-elle encore écrit.

« Une fois encore des éléments ultras sont venus gâcher la fête des travailleurs », allant « jusqu’à s’en prendre à des syndicalistes de la CGT », a, pour sa part, regretté Olivier Faure (PS), tandis que le PCF a témoigné de sa « solidarité », la porte-parole de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud dénonçant une agression « odieuse ».

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« L’attaque des black blocs contre les services de l’ordre de la CGT le 1er-Mai n’est pas seulement inadmissible ; elle signe la nature de ce « mouvement. » L’extrême droite l’a rêvé, les black blocs l’ont fait », a également écrit sur Twitter Jean-Christophe Cambadélis, ancien premier secrétaire du Parti socialiste.

Du côté du gouvernement, pour la ministre chargée de la citoyenneté, le fait que le cortège de la CGT ait été agressé est « absolument inacceptable et intolérable ». « J’observe que les manifestations rassemblent de moins en moins de monde, mais qu’elles sont de plus en plus violentes, donc, elles se transforment », a affirmé Marlène Schiappa, dimanche 2 mai, sur Franceinfo.

Dès samedi soir, la ministre du travail avait condamné « très fermement » les perturbations ayant émaillé certains défilés. « Je trouve scandaleux que ces casseurs, les black blocs, aient voulu voler ce moment aux organisations syndicales », a dit Elisabeth Borne au micro d’Europe 1.

Le Monde

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