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Veolia lance les hostilités contre Suez, qui se rebiffe

Le coup est-il parti ? La plus grande confusion régnait lundi 8 février. Veolia, en effet, a annoncé, dimanche 7 février, « le dépôt d’une offre publique d’achat sur l’ensemble du capital de Suez, au prix de 18 euros par action coupon attaché ». C’est le prix auquel le leader de l’environnement avait racheté, le 5 octobre, 29,9 % du capital de son rival auprès d’Engie.

Lundi matin, cependant, Suez affirmait avoir obtenu du tribunal de Nanterre une ordonnance imposant à Veolia de ne pas lancer une offre publique sur son rival, si elle n’était pas préalablement approuvée par le conseil d’administration de la cible. Sauf que Veolia, de son côté, assurait avoir déposé son offre à 7 heures auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) avant que la décision du tribunal ne lui soit communiquée, à 7 heures 23. « Notre offre est valable. Elle est partie », a répliqué Antoine Frérot, PDG de Veolia.

Un drôle de tango

Opération amicale ou non, c’est en effet la clé de ce drôle de tango que jouent les protagonistes depuis la fin août, lorsque Veolia a révélé ses intentions de créer un « grand champion de la transition écologique ». A la demande de Bruno Le Maire, le ministre de l’économie et des finances, M. Frérot s’était engagé à obtenir un blanc-seing de Suez avant de lancer son OPA à 11,3 milliards d’euros, dont 3 milliards déjà dépensés dans le cadre du rachat des titres Engie. Clairement, cette condition n’est pas remplie avec le mouvement annoncé par Veolia dimanche.

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« L’annonce de Veolia de ce jour constitue une nouvelle irrégularité majeure et un mépris à l’égard de l’Etat qui s’efforce de promouvoir une solution amicale, meilleure pour les actionnaires, les salariés et l’ensemble des parties prenantes de Suez », a répliqué dans la foulée l’objet de ces convoitises, jugeant « tout dépôt d’offre illégal et de surcroît inacceptable au plan éthique ». L’intersyndicale Suez a immédiatement interpellé le ministre : « Allez-vous laisser faire cette folie ? », assimilant l’OPA de Veolia à une « déclaration de guerre ».

Intervenant sur Europe 1, lundi matin, M. Le Maire s’est montré agacé par la décision de Veolia. « Une opération de cette ampleur ne peut réussir que si elle est amicale », a insisté le ministre, parlant de saisir l’AMF, afin de faire la transparence sur les raisons de la « précipitation » de Veolia. Il a appelé de nouveau les deux groupes à « retrouver le chemin de la raison et du dialogue ». Plus généralement, « le capitalisme français ne peut être la guerre de tous contre tous », a-t-il martelé, en référence aux nombreux conflits qui opposent des entreprises françaises.

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