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Vaccins : un comité citoyen pour restaurer la confiance

Alain Fischer, professeur d’immunologie pédiatrique, est président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, qui comprend le comité citoyen.

Un vaccin nouveau, des Français déjà réticents, une campagne qui doit débuter en janvier… Tous les ingrédients sont réunis pour que l’exercice vire au casse-tête pour le gouvernement. Fin novembre, malgré l’urgence sanitaire, un sondage de l’Ifop indiquait que 59 % des personnes interrogées n’iraient pas, ou probablement pas, se faire vacciner contre le Covid-19 quand ce sera possible.

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Pour tenter de surmonter cette forte défiance, l’exécutif s’est résolu, après de nombreuses demandes en ce sens, à se doter d’un nouvel outil. Un comité citoyen sera désormais associé « à la conception de notre stratégie vaccinale », a annoncé le premier ministre, Jean Castex, le 3 décembre.

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a été chargé de mettre sur pied ce comité, présenté comme l’une des quatre entités du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, également dévoilé le 3 décembre, aux côtés du « comité scientifique vaccin », du « comité des parties prenantes » (professionnels de santé, fédérations d’établissements, associations de patients), et du « comité d’élus » (associations des maires, départements et régions).

« Mieux vaut tard que jamais »

Président du Conseil d’orientation, le professeur d’immunologie pédiatrique Alain Fischer vante auprès du Monde le rôle- « clé » des citoyens dans la construction de la « confiance et l’adhésion au vaccin ». Par contre, ajoute-t-il, il ne doit pas y avoir « d’ambiguïté » : « C’est le gouvernement qui décide. Le rôle de cette instance, avec les experts, est de faire progresser la réflexion collective. »

Dans la lettre de mission envoyée le 11 décembre, M. Castex écrit que le comité citoyen pourra « formuler des observations sur les choix de politique vaccinale » et faire « des propositions relatives aux questionnements, peurs, résistances et questions éthiques que peut susciter la vaccination contre le Covid-19 ». A la tête du Cese, Patrick Bernasconi doit lui détailler d’ici au 18 décembre l’organisation qu’il compte mettre en œuvre.

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Ce type d’instance est réclamé de longue date par le conseil scientifique – au-delà même de l’enjeu vaccinal. Dès ses premiers avis, au printemps, il demande un « comité de liaison avec la société » car il faut « une adhésion de la population », explique au Monde son président, Jean-François Delfraissy. Un sujet qui lui est cher, lui qui a participé à la lutte contre le sida. Le 26 octobre, face à des « mesures imposées de manière autoritaire », le conseil scientifique revient à la charge. « Je regrette que le gouvernement n’ait pas répondu positivement plus tôt, mais mieux vaut tard que jamais », indique M. Delfraissy.

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