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Vaccination contre le Covid-19 : « Il n’est plus temps d’attendre », juge l’Académie de médecine

« Il n’est plus temps d’attendre ! » L’Académie nationale de médecine s’est jointe aux critiques jugeant la stratégie vaccinale française contre le Covid-19 trop lente et estimant les précautions prises « excessives ».

Dans un communiqué publié mercredi 30 décembre, l’Académie note une mise en œuvre « progressive » de la campagne qui a commencé dimanche dans les Ehpad, en raison du processus de recueil du consentement, de la recherche d’éventuelles contre-indications chez une population fragile et du maintien du patient en observation quinze minutes après l’injection.

« Cette extrême prudence est assumée par les autorités sanitaires, qui écartent la possibilité de simplifier ces procédures pendant la phase préliminaire. Elle est sanctionnée par un démarrage très lent du programme », ajoute-t-elle dans un communiqué, estimant « le premier bilan (100 personnes vaccinées en trois jours) difficile à défendre » en comparaison d’autres pays européens. Et d’insister :

« Adoptées pour rassurer une opinion publique gagnée par l’hésitation, ces précautions excessives risquent de susciter a contrario une incompréhension croissante vis-à-vis d’une campagne dont le coup d’envoi semble manquer de détermination. La France déplore plus de 64 000 décès par Covid-19, dont près d’un tiers dans la population à haut risque qui doit être vaccinée au cours des huit prochaines semaines. Face à ce constat, la campagne nationale d’immunisation doit être exemplaire dans un pays qui a tant contribué à l’élimination des maladies infectieuses par la vaccination. »

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L’Académie recommande ainsi de « simplifier et raccourcir autant que possible les procédures de vaccination dans les Ehpad ». Elle plaide également pour que la première phase de vaccination soit déployée « en priorité » dans les départements les plus touchés et appelle à la « transparence » concernant l’état des stocks de vaccins pour que « la mise en œuvre de la stratégie vaccinale n’apparaisse pas dictée par des aléas de livraison ».

Le lent démarrage de la campagne vaccinale, avec moins de 200 injections depuis dimanche contre des milliers en Allemagne ou en Italie, suscite critiques et incompréhension dans la classe politique et chez certains médecins, mais le gouvernement assume sa stratégie.

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Le gouvernement privilégie la « pédagogie », a expliqué le ministre de la santé, Olivier Véran, mardi sur France 2 : « Nous recueillons le consentement des personnes avant qu’elles soient vaccinées. Je crois que c’est un gage de confiance. »

L’objectif d’un million de personnes vaccinées fin février « sera tenu »

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a ainsi assuré mercredi que l’objectif de vacciner un million de personnes à risque d’ici à la fin février « sera tenu ». Le professeur Alain Fischer, le « Monsieur Vaccin » nommé par le gouvernement, a qualifié les critiques de « fausse querelle » et a invité à se projeter « dans quelques semaines » pour juger des avancées.

« Nous n’avons pas pris de retard » par rapport au plan prévu et la campagne va « accélérer », a insisté le secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes, Clément Beaune, jeudi sur LCI, en assurant qu’« il n’y a pas de pénurie de doses » : la France en a « reçu le même nombre proportionnellement à la population que l’Allemagne, donc il n’y a aucun décrochage ».

Le président des députés Les Républicains, Damien Abad, et le député LR Eric Ciotti ont demandé mercredi l’audition en « urgence » d’Olivier Véran sur la stratégie de vaccination de la France, qui fait, à leurs yeux, « figure de bonnet d’âne » en Europe.

A gauche, Valérie Rabault, présidente du groupe PS à l’Assemblée nationale, a réclamé dans un entretien à L’Obs mercredi que le gouvernement publie « dans le point sanitaire quotidien le nombre de vaccinations effectuées par département », une « transparence indispensable ». Elle appelle aussi à faire vacciner « davantage de soignants plus rapidement » et à mettre en place une stratégie de communication donnant une « vision positive » de la vaccination.

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Le Monde avec AFP

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