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Vaccin Pfizer-BioNTech : des cas d’hypertension artérielle sous haute surveillance

« Un signal qui doit être surveillé. » C’est ainsi que l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) qualifie la survenue de 73 cas d’hypertension artérielle (HTA) après injection du vaccin Comirnaty de Pfizer-BioNTech, dans son point d’information du 11 février sur la surveillance des vaccins contre le Covid-19.

Depuis la mise en ligne de ce bilan, jeudi soir, c’est un autre effet indésirable qui a occupé le devant de la scène : 149 déclarations de syndromes grippaux souvent sévères, parmi les 10 000 soignants ayant reçu le vaccin d’AstraZeneca entre le 6 et le 10 février. « Cela nécessite d’optimiser l’organisation de la vaccination dans les services, mais d’un point de vue pharmacologique et médical, il n’y a rien d’inquiétant, assure Joëlle Micallef, chef du centre régional de pharmacovigilance (CRPV) de Marseille. Ce sont des symptômes de réactogénicité bien connus avec les vaccins vivants atténués, d’expression plus intense chez les personnes jeunes. »

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La situation est différente s’agissant des cas de poussées hypertensives après injection du vaccin Comirnaty. « Il n’y a pas d’alerte, mais c’est un signal nouveau car il n’avait pas été mis en avant lors des essais cliniques. Nous l’avons confirmé sur deux semaines, avec des observations dans plusieurs régions », résume Joëlle Micallef, chargée de la surveillance de ce vaccin, avec le CRPV de Bordeaux.

Au total, du début de la vaccination, le 27 décembre 2020, au 4 février, 2 140 événements indésirables avec Comirnaty ont été déclarés, dont 464 cotés graves (ce qui signifie qu’ils ont donné lieu à une consultation médicale voire à une prise en charge). Plus de 60 % sont des symptômes de réactogénicité, locaux ou généraux, attendus. Plus inattendus, les cas d’hypertension artérielle (HTA) – 73 au total, dont 33 sur la dernière semaine d’analyse – ont été scrutés de près. « Il s’agit de poussées tensionnelles, parfois importantes, chez des personnes de 50 à plus de 90 ans, qui avaient ou non une hypertension connue », détaille la professeure Micallef.

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Mécanismes hypothétiques

La HTA est survenue soit dans les minutes suivant l’injection, soit dans un délai de quelques jours, et s’est le plus souvent traduite par des signes cliniques, pointe le rapport de pharmacovigilance de Comirnaty, mis en ligne le 12 février. Ces accès hypertensifs sont-ils en lien avec le vaccin, et peuvent-ils entraîner des complications graves, comme des accidents vasculaires cérébraux ou cardiaques ? « Jusqu’ici tous les cas se sont résolus en maximum quelques jours, éventuellement avec des antihypertenseurs pris ponctuellement, nous n’avons pas retrouvé de complication », précise la pharmacologue. Les mécanismes sont encore hypothétiques : décharge d’adrénaline liée à l’injection pour les poussées tensionnelles en post-vaccinal immédiat, ou conséquence de la stimulation immunitaire pour celles survenues de façon différée.

« Devant tout symptôme évocateur d’une hypertension artérielle tel qu’un malaise, des maux de têtes, des vertiges, nous recommandons aux personnes vaccinées d’effectuer un contrôle de la pression artérielle », préconise l’ANSM. Des cas de troubles du rythme cardiaque font par ailleurs l’objet d’une surveillance spécifique. Le rapport de pharmacovigilance de Comirnaty fait état d’un total de 85 décès post-vaccinaux dont 26 sur la dernière semaine d’analyse. Jusqu’ici survenus chez des personnes très âgées et fragiles, ils n’ont pu être reliés au vaccin (hors période Covid, 465 résidents d’Ehpad meurent chaque jour). Le cas récent du décès d’un sujet de 95 ans vivant à domicile, « autonome et actif », est plus particulier. « Il s’agit d’un cas à issue fatale dans un contexte de réactogénicité avérée, chez un patient très âgé, mais sans signes marquants de fragilité », estime le rapport.

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