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Une glace pour chien signée Ben & Jerry’s

Un magasin Ben & Jerry’s, à Londres, le 5 octobre 2020.

Votre chien est-il plutôt saveur beurre de cacahuète et bretzels ou citrouille et cookies ? La question est posée par Ben & Jerry’s. La célèbre marque de glace américaine a, en effet, dévoilé, lundi 11 janvier, une extension de sa gamme destinée à la gent canine. Une annonce anecdotique, direz-vous. Pas si simple. Derrière Ben & Jerry’s se profile son actionnaire, le géant britannique Unilever. Or, comme tous les groupes de l’agroalimentaire, il ne peut que saliver devant le marché de la nourriture pour animaux de compagnie, qualifiée de petfood.

Un marché très lucratif estimé à 75 milliards d’euros par le cabinet d’études Euromonitor. Il est dominé par un duo, formé du numéro un mondial de l’agroalimentaire, le suisse Nestlé (Purina) et de son alter ego américain, le groupe Mars (Royal Canin, Pedigree). Tous deux sont au coude-à-coude. Purina est devenue un fleuron de Nestlé. La marque vaut son pesant de croquettes. Qu’on en juge : avec des ventes mondiales estimées à 13 milliards d’euros en 2019, l’activité représente désormais 15 % du chiffre d’affaires total de l’entreprise. Mieux, elle affichait sur cette période une croissance de 7 %, contrastant avec l’atonie de nombre de rayons alimentaires.

Lire aussi notre dossier : Chiens et chats, un business au poil

L’affaire s’est révélée encore plus juteuse avec la pandémie de Covid-19. En période de confinement, d’aucuns ont craqué pour un petit compagnon à poil. D’autres, déjà propriétaire d’un animal, ont redoublé d’attention à son égard. Résultat, Nestlé a affirmé que sur les neuf premiers mois de 2020, les croquettes pour chien et chat étaient le segment le plus dynamique de son portefeuille, devant le café ou les produits laitiers. Une vache à lait.

« Humanisation de l’animal »

Pour alimenter le flux, le groupe suisse n’a d’ailleurs pas hésité à investir, en 2020, près de 450 millions d’euros pour construire une nouvelle usine dans l’Ohio aux Etats-Unis et une somme équivalente pour accroître les capacités d’une usine inaugurée il y a à peine un an dans l’Etat de Géorgie.

Rien n’est trop beau ni trop bon pour son Médor ou son matou. Les mastodontes de l’agroalimentaire l’ont bien compris et leurs services marketing s’en donnent à cœur joie. D’autant que l’« humanisation de l’animal » incite les maîtres à projeter leur comportement alimentaire sur leur chat ou leur chien. D’où le succès des produits bio sans allergènes, mais aussi des produits de snacking tels que les biscuits. Ou les glaces, comme l’espère Unilever.

Pour l’heure, le « Doggie Dessert » n’est commercialisé qu’aux Etats-Unis

L’industriel présente la friandise en pot, très similaire à son offre classique. Il insiste sur sa composition : essentiellement de la matière grasse végétale issue du tournesol. Quant au prix, 2,99 dollars (2,5 euros) l’unité, il est à la hauteur de la joie de l’animal récompensé, peut espérer son maître… Pour l’heure, le « Doggie Dessert » n’est commercialisé qu’aux Etats-Unis. Un coup d’essai avant de révéler d’autres ambitions ? Un autre acteur de l’agroalimentaire, l’américain General Mills, propriétaire de la marque Yoplait, a, lui, déboursé 8 milliards de dollars en 2018 pour s’offrir Blue Buffalo, spécialisé dans l’alimentation animale bio. La croquette vaut de l’or…

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