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Une enquête pour « faux témoignage » vise le chancelier autrichien

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz, à Vienne, le 2 juin 2021.

Ce sont des SMS que Sebastian Kurz n’avait certainement jamais prévu de rendre public. Mais depuis le début du printemps, la publication à un rythme régulier dans les médias autrichiens d’échanges du chancelier conservateur de 34 ans et de son entourage secoue comme jamais le pouvoir du jusqu’ici talentueux Wunderkind (« enfant prodige ») de la droite autrichienne, qui dirige ce pays d’Europe centrale depuis 2017.

En se basant sur leur contenu, le parquet financier et anticorruption autrichien a décidé d’ouvrir début mai une enquête préliminaire pour « faux témoignage » visant M. Kurz. Les procureurs le soupçonnent d’avoir menti sur la nomination d’un de ses proches à la tête de la holding gérant les participations de l’Etat, la ÖBAG, en 2019. Alors qu’il avait assuré devant une commission parlementaire avoir été seulement « informé » du processus de nomination à ce poste parmi les mieux rémunérés du pays, les messages du chancelier ont montré qu’il avait directement promis au candidat que « de toute façon, tu peux avoir tout ce que tu veux » avec moult smileys.

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« Je suis tellement heureux, j’aime mon chancelier », lui avait alors répondu Thomas Schmid. Déjà fragilisé par la publication de ces échanges, ce dernier a été contraint de démissionner de la direction de l’ÖBAG, mardi 8 juin, après la révélation de nouveaux messages où il demande notamment un passeport diplomatique pour éviter de « voyager comme la populace ». Le 3 juin, c’était l’ancien ministre de la justice, Wolfgang Brandstetter, également membre du Parti populaire autrichien (ÖVP) de M. Kurz, qui avait déjà été forcé de démissionner du Conseil constitutionnel après la publication de discussions avec un ancien procureur en chef au ministère de la justice, où ce dernier suggère « d’exporter vers Cuba » la Cour constitutionnelle, accusée de prendre des décisions trop à gauche.

Accusations de népotisme

Tous ces personnages ont pour point commun d’être des membres de l’entourage direct de M. Kurz et d’être liés à différentes enquêtes pour corruption lancées par la justice autrichienne sur son premier gouvernement, alors en coalition avec l’extrême droite (2017-2019). Dans le cadre de ces enquêtes, les procureurs ont mis la main sur des milliers d’échanges dans l’entourage du chancelier. Même s’ils ne sont pas toujours reliés aux enquêtes initiales, ces messages ont été en partie transmis à la commission d’enquête parlementaire, qui travaille actuellement sur le même sujet. Sans surprise, le contenu des messages les plus dérangeants a ensuite été transmis à la presse.

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