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Un policier renvoyé devant une cour d’assises pour « violences avec arme »

Le 25 janvier, Tamara Phillips, juge d’instruction à Reims, a décidé de renvoyer un fonctionnaire de police devant la cour d’assises de la Marne, pour « violence avec usage d’une arme » après l’éborgnement d’un supporteur du club de football de Bastia, dans la nuit du 13 au 14 février 2016. L’information a été révélée par le site de France 3 Corse.

Ce soir-là, l’équipe de Reims s’incline 1 à 0 face au SC Bastia sur la pelouse du stade Auguste-Delaune. La rencontre n’est pas classée à hauts risques, les effectifs de CRS n’ont même pas été engagés. Mais, après quelques incidents, dont un siège brûlé dans l’enceinte sportive et des tags injurieux faisant référence au préfet Claude Erignac, assassiné à Ajaccio le 6 février 1998, le match se poursuit dans les rues de la ville.

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D’après les comptes rendus de la police, sur les 169 supporteurs corses à avoir fait le déplacement, une trentaine invective les forces de l’ordre dès la fin de la rencontre avant de s’égayer dans le centre-ville, où des fumigènes sont découverts rue de Talleyrand. Parmi les fauteurs de troubles, un petit groupe rassemble moins d’une dizaine d’individus, dont Maxime Beux, alors âgé de 22 ans et figure de Bastia 1905, les ultras du club corse.

Vers 22 h 30, repéré par la brigade anticriminalité (BAC) avec deux amis, le jeune homme est pris en chasse par un véhicule de police, sur le capot duquel il aurait donné un coup de pied. Quelques minutes plus tard, il s’effondre, grièvement blessé au visage pendant son interpellation avant d’être placé en garde à vue au commissariat de Reims, où il doit simuler une perte de connaissance pour que les pompiers puissent intervenir, une heure et demie plus tard. Les examens médicaux pratiqués après son évacuation vers un centre hospitalier rémois sont sans appel : son globe oculaire gauche a éclaté sous la violence d’un coup, occasionnant une « cécité immédiate et totale » finalement diagnostiquée.

« Evénement rare »

Le supporteur a-t-il été touché par un tir de lanceur de balles de défense (LBD) comme il s’en montre d’abord convaincu ? A-t-il chuté sur un potelet de signalisation de la rue des Elus, où se sont déroulés les faits, ainsi que le prétend le fonctionnaire de la BAC qui a procédé à son interpellation ? Plusieurs expertises médico-légales, des analyses de la police scientifique ainsi qu’une reconstitution réfuteront l’une et l’autre de ces hypothèses : un coup de bâton de défense télescopique est vraisemblablement à l’origine de l’éborgnement de M. Beux.

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