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Un concert de rock réunit 5 000 personnes à Barcelone pour une expérience clinique

Publié aujourd’hui à 01h42, mis à jour à 01h44

Ce sont des images réjouissantes qui paraissent d’un autre temps : un groupe de rock qui joue devant 5 000 spectateurs réunis dans une même salle, sans distance de sécurité. Barcelone s’est offert un voyage dans un monde pré-pandémie, samedi 27 mars, pour une expérience clinique visant à montrer que des concerts sont possibles malgré le Covid-19.

« Je suis très, très ému. Cela fait un an et demi que nous ne sommes pas montés sur scène », a clamé Santi Balmes, le chanteur de Love of Lesbian, groupe phare de la scène indépendante espagnole, après un premier titre très justement intitulé Personne dans les rues (Nadie por las calles).

Port du masque obligatoire pour les spectateurs du concert du groupe Love of Lesbian, au Palau Sant Jordi, à Barcelone (Espagne), le 27 mars.

Une euphorie partagée par des spectateurs sautant, dansant, chantant à tue-tête et prenant même une bière au comptoir, comme si la pandémie avait disparu le temps d’une soirée. « C’est incroyable, beaucoup d’émotion. Nous avions oublié cette sensation de foule, c’est comme si c’était mon premier concert », a déclaré Jordi Sanz dans la fosse du Palau Sant Jordi.

Alors que le reste du pays est limité à des rassemblements de quatre personnes au maximum dans des espaces fermés, les spectateurs ont pu se mélanger librement. « On avait tellement envie de faire quelque chose de différent, de faire un pas vers la normalité », a abondé Marina Crespo, 25 ans, qui préférait toutefois « maintenir la distance » avec les autres spectateurs.

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Un suivi de quatorze jours pour détecter les cas de Covid

Organisée par un groupe de festivals, des promoteurs musicaux et un hôpital local, cette expérience est l’une des rares à avoir eu lieu en Europe. Un autre concert test a eu lieu début mars aux Pays-Bas avec 1 300 personnes.

Et rien n’a été laissé au hasard : tests, masques FFP2 à tout moment et ventilation renforcée. Samedi matin, les pistes de danse de trois discothèques barcelonaises, fermées en raison de la pandémie, ont été transformées en hôpitaux de campagne où des blouses blanches faisaient un test antigénique à tous les participants. Comme un sésame, le résultat négatif validait automatiquement le billet stocké dans le téléphone mobile.

Les personnes atteintes de maladie cardiaque, de cancer ou celles qui ont été en contact avec une personne infectée par le COVID-19 au cours des dernières semaines ont été invitées à ne pas s’inscrire.

Les 5 000 billets proposés, allant de 23 à 28 euros, ont tous trouvé preneur, et comprenaient le coût du test et le masque facial qui était obligatoire sauf pour manger ou boire dans des zones désignées.

Le groupe espagnol Love of Lesbian, sur la scène du Palau Sant Jordi, à Barcelone (Espagne), le 27 mars.

« Nous espérons que cela sera complètement sûr. Pendant quatorze jours, nous regarderons qui des spectateurs aura attrapé le Covid et nous notifierons » les cas, a expliqué Josep Maria Llibre, médecin de l’hôpital Germans Trias i Pujol de Badalone, près de Barcelone.

En décembre déjà, son équipe avait organisé un projet pilote dans une salle de Barcelone avec 500 spectateurs préalablement testés. Quelques jours plus tard, aucun n’avait contracté le virus.

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Une lumière au bout du tunnel

L’objectif de cette expérience clinique est « de découvrir comment nous pouvons vivre avec le Covid et organiser des concerts de façon totalement sûre », explique Ventura Barba, directeur exécutif du festival Sónar de Barcelone, l’un des organisateurs. « Nous espérons que cela sera un point d’inflexion », a-t-il ajouté.

Cette semaine, ce festival réputé de musique électronique a annoncé son annulation pour la deuxième année consécutive, comme beaucoup d’autres en Europe. « La pandémie a été horrible pour tout le monde, mais pour la musique en particulier », selon Ventura Barba. D’après un rapport publié par la Federation música de España, qui représente le secteur en Espagne, l’industrie musicale européenne a perdu 76 % de son chiffre d’affaires en 2020.

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« C’est une façon de faire un trou dans ce tunnel et que le monde de la culture voie un peu la lumière, ou au moins, une façon possible de faire les choses », estime Santi Balmes, le chanteur de Love of Lesbian.

Lors du concert de Love of Lesbian, à Barcelone (Espagne), le 27 mars.

La pandémie a obligé son groupe à retarder de huit mois le lancement de son nouveau disque mais il se sent chanceux par rapport à d’autres « qui sont vraiment mal et reçoivent de l’aide alimentaire car ils ne gagnent plus rien ». Ce concert « a été un choc énergétique », s’est-il félicité, « mais c’est logique car nous sommes dans une époque de retenue, avec le frein à main tiré. On a besoin de se défouler, de reprendre nos vies d’avant ».

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