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UE et Chine concluent un accord « de principe » controversé sur les investissements

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen, Charles Michel, la chancelière allemande, Angela Merkel, le président français, Emmanuel Macron, et le président chinois, Xi Jinping, lors d’une vidéoconférence, le 30 décembre à Bruxelles, en Belgique.

Après sept années de pourparlers, l’accord global sur les investissements entre l’Union européenne (UE) et la Chine a été conclu, mercredi 30 décembre. L’UE et Pékin ont approuvé la conclusion « de principe » d’un vaste accord, Pékin promettant d’offrir « un accès sans précédent » aux entreprises européennes tout en musclant ses efforts contre le travail forcé – mais sans désamorcer les critiques.

Cet accord politique a été scellé pendant une visioconférence entre le président chinois Xi Jinping, les dirigeants de l’UE Ursula von der Leyen et Charles Michel, ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron. Sa signature officielle n’interviendra qu’ultérieurement.

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Les dirigeants « ont conclu sur le principe les négociations » de cet accord de protection réciproque des investissements, par lequel Pékin « s’est engagé à offrir un niveau sans précédent d’accès à son marché » pour les entreprises européennes, leur offrant une « visibilité », selon un communiqué de l’Union européenne.

Selon Bruxelles, l’accord « contribuera au rééquilibrage » de relations jugées « asymétriques » entre un marché unique européen largement ouvert aux entreprises chinoises et un géant asiatique qui ferme des secteurs entiers aux investisseurs étrangers tout en poussant ses géants nationaux.

Vers une « égalité des conditions de marché »

Ce traité « va améliorer considérablement l’égalité des conditions de marché » pour les entrepreneurs en Chine, souligne le communiqué européen. Il doit ainsi mieux garantir le respect de la propriété intellectuelle, interdire les transferts de technologie forcés et renforcer la transparence des subventions aux entreprises publiques chinoises.

De son côté, Xi Jinping a estimé que l’accord « démontrait la détermination de la Chine à promouvoir un haut degré d’ouverture » en accordant notamment aux Européens « des garanties institutionnelles plus fortes » et de « meilleures perspectives de coopération », selon l’agence étatique Chine nouvelle.

« L’UE a le plus grand marché unique au monde. Nous sommes ouverts aux affaires mais attachés à la réciprocité, la concurrence équitable et à nos valeurs », s’est félicitée sur Twitter la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Ouverture à des marchés cruciaux

Les sommes en jeu sont considérables. Le stock d’investissements des Européens (hors Royaume-Uni) en Chine s’élève à près de 150 milliards d’euros, et celui des Chinois dans l’UE à 113 milliards. Ce texte ouvrira des marchés chinois cruciaux : les véhicules propres, le cloud, la finance ou la santé, assure-t-on à Bruxelles. Mais sa signature n’interviendra qu’après une finalisation juridique et technique du texte, qui pourrait prendre de longs mois.

Il devra par ailleurs être approuvé par le Parlement européen avant d’être ratifié, ce qui s’annonce complexe. « La discussion est loin d’être terminée, ce n’est que le début », a prévenu mercredi l’eurodéputé allemand Bernd Lange, président de la commission sur le commerce international, faisant état d’« attentes (…) élevées » – notamment avec « un levier pour combattre le travail forcé ».

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La cause des Ouïgours dans l’accord

C’est un point sensible : experts et ONG accusent le régime communiste d’avoir interné au Xinjiang, dans l’ouest de la Chine, plus d’un million de membres de la minorité musulmane ouïgoure dans des « camps de rééducation », les soumettant au travail forcé. Selon une étude américaine, au moins 570 000 Ouïgours ont été enrôlés dans un programme coercitif de ramassage du coton.

L’accord prévoit cependant que la Chine « s’engage (…) à œuvrer à la ratification des conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail (OIT), y compris celles [interdisant] le travail forcé », précise le communiqué européen.

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Mais cela ne suffit pas à rassurer les eurodéputés, qui avaient adopté mi-décembre une résolution condamnant le travail forcé en Chine des minorités ouïgoure, kazakhe et kirghize. L’eurodéputé français Raphaël Glucksmann (Socialistes & Démocrates) réclame des « engagements concrets et vérifiables » de Pékin. « Aucun témoin extérieur ne peut pénétrer dans les usines qui exploitent des esclaves ouïgours. Donc c’est juste des mots », a-t-il déclaré à l’AFP.

Angela Merkel, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE jusqu’à fin décembre, avait fait de cet accord politique une priorité. Bruxelles « fera le point » sur l’évolution de ses relations avec la Chine en 2022, lorsque Paris prendra la présidence de l’UE.

Le Monde avec AFP

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