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Trois Femen condamnées en appel pour « exhibition sexuelle » au passage d’un convoi de Donald Trump à Paris

Une des Femen ayant participé à l’action du 10 novembre 2018 devant l’Arc de triomphe, à Paris.

Trois militantes Femen ont été condamnées, mercredi 7 avril, en appel à Paris pour « exhibition sexuelle », pour s’être mises seins nus au passage du convoi de l’ancien président des Etats-Unis Donald Trump sur les Champs-Elysées le 11 novembre 2018, selon un arrêt consulté, jeudi 8 avril, par l’Agence France-Presse.

Ces trois militantes, condamnées à des peines d’un à deux mois de prison avec sursis, avaient été relaxées en première instance le 29 janvier 2020, mais le parquet avait fait appel.

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Le trio avait déjoué la sécurité des commémorations en faisant irruption sur la célèbre avenue lors du passage de la limousine du président américain, lors d’un rassemblement pour la paix de chefs d’Etat à l’occasion du centenaire de l’armistice de 1918.

Les slogans « Hypocrisy parade » (défilé hypocrite, en anglais) ou « Fake peacemakers » (faux pacificateurs) inscrits sur leurs torses nus, elles avaient sauté par-dessus les barrières. Deux avaient été interceptées et la troisième avait réussi à courir jusqu’au milieu de la chaussée.

Pourvoi en cassation

A l’inverse, deux autres militantes ayant manifesté seins nus devant l’Arc de triomphe la veille, le 10 novembre 2018, en criant « Welcome war criminals » (bienvenue aux criminels de guerre) ont été relaxées en appel le 24 février, après une condamnation par le tribunal correctionnel de Paris pour la même infraction d’exhibition sexuelle.

Ces jugements divergents illustrent le vif débat judiciaire qui resurgit lors des fréquents procès de ces militantes. Les Femen se défendent de toute infraction, estimant que le buste féminin, lorsqu’il est utilisé comme étendard politique, n’a pas de connotation sexuelle. Au contraire, la Cour de cassation a plusieurs fois jugé que ces actions, même sans intention sexuelle, constituaient bien une exhibition sexuelle.

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Pour l’action visant Donald Trump, la cour d’appel a reconnu que l’exhibition des trois femmes « participait d’une démarche politique destinée à alimenter le débat public », mais s’est produite « à l’occasion de la célébration d’un événement historique qui requérait une nécessaire dignité ». « Le devoir de mémoire » impose « l’obligation morale de se souvenir d’un événement historique tragique et de ses victimes, afin de faire en sorte qu’un événement de ce type ne se reproduise pas », estime la cour.

Me Valentine Rebérioux et Louise Bouchain, avocates de deux d’entre elles, ont annoncé qu’elles entendaient se pourvoir en cassation.

Le Monde avec AFP

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