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Tribune de militaires dans « Valeurs actuelles » : la ministre des armées demande des sanctions

La tribune de militaires qui menacent d’intervenir face au « chaos croissant » qui règne à leurs yeux en France, publiée le 21 avril par Valeurs actuelles, n’en finit pas de faire des remous.

Après avoir déjà fustigé dimanche une « tribune irresponsable », la ministre des armées, Florence Parly, a demandé des sanctions contre les signataires.

« Pour ce qui concerne les militaires qui ont enfreint le devoir de réserve, bien entendu, des sanctions sont prévues, et j’ai donc demandé pour ceux qui seraient parmi les signataires signalés, des militaires d’active, j’ai demandé au chef d’état-major d’appliquer les règles qui sont prévues dans le statut des militaires, c’est-à-dire des sanctions », a déclaré Florence Parly, lundi 26 avril, sur Franceinfo.

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« Des actions inacceptables »

« Ce sont des actions qui sont inacceptables », a insisté la ministre des armées. Pour les militaires retraités signataires, également « astreints à un devoir de réserve », des sanctions sont aussi possibles, a-t-elle relevé. Florence Parly a rappelé le cas du général Christian Piquemal, ancien général du corps de la Légion étrangère et également signataire de la tribune, qui avait été radié en 2016 des cadres de l’armée pour avoir participé à une manifestation interdite contre les migrants à Calais.

La tribune, publiée soixante ans jour pour jour après le putsch d’Alger, et signée par « une vingtaine de généraux, une centaine de hauts gradés et plus d’un millier d’autres militaires », appelle le président Emmanuel Macron à défendre le patriotisme. Ces militaires dénoncent le « délitement » qui frappe selon eux la patrie et se disent « disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation ».

Ajoutant à la polémique, Marine Le Pen, candidate à la présidentielle de 2022, les a aussitôt invités à « se joindre » à elle. Un appel qui a « choqué » la ministre des armées, qui a rappelé que « l’immense majorité des militaires, j’aurais dit la totalité jusqu’à ce week-end, défend les valeurs républicaines, assure la protection des Français et la défense de la France conformément aux principes de neutralité et de loyauté qui fait partie et qui est au cœur de leur statut ».

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« Je partage leur constat »

La présidente du Rassemblement national (RN) a affirmé, mardi 27 avril, qu’elle ne regrettait « absolument pas » son soutien. « Ces militaires, ils savent très bien comment ça se passe quand les politiques ne font pas leur travail, ne font pas respecter la Constitution. A un moment donné, la situation est si grave qu’on en appelle à l’armée », a expliqué sur Franceinfo la candidate à l’Elysée.

Ces militaires « viennent dire qu’il faut faire appliquer les lois » et « que la situation du pays est terriblement inquiétante (…). Les zones de non-droit, la criminalité, la haine de soi, le refus du patriotisme par nos dirigeants sont des éléments de délitement de la nation », a estimé la dirigeante d’extrême droite. « Je leur réponds que je partage leur affliction, leur constat, et que ces problèmes se règlent par la politique et par un projet politique validé par les Français dans un cadre évidemment démocratique », a-t-elle ajouté.

Quand la ministre de la défense, les menace de sanctions, elle « est dans son rôle », a estimé Mme Le Pen : « Elle rappelle que les militaires qui rompent le devoir de réserve peuvent avoir des sanctions. » Mais « le gouvernement met beaucoup de fermeté à leur égard », a déploré la chef du RN. « On aimerait qu’il y ait autant de fermeté à l’égard de la criminalité et de la délinquance qui pourrit l’existence de nos compatriotes. » « Les ministres ne sont pas obligés de rentrer dans la roue de [Jean-Luc] Mélenchon », chef de file des Insoumis, qui, selon elle, « met beaucoup plus d’énergie » à « taper sur les militaires » qu’à « taper sur les islamistes ».

Jean-Luc Mélenchon et les parlementaires de La France insoumise ont demandé lundi au procureur de Paris « d’engager des poursuites » contre les auteurs et diffuseurs de la tribune.

Le Monde avec AFP

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