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« Toutes les doses ont trouvé preneur en moins d’une semaine » : à La Poste, les salariés se laissent convaincre par Moderna

La première phase de vaccination contre le Covid-19 à La Poste avait fait un flop. Comme nombre de grandes entreprises, le groupe a d’abord proposé le vaccin d’AstraZeneca pour les plus de 55 ans. « Nous avons eu peu de demandes. Moi, je n’ai fait aucune injection avec AstraZeneca, reconnaît le docteur Virginie Pecaut, l’une des 110 médecins du travail de l’opérateur postal. Pour ne pas gâcher de doses, nous avons préféré laisser les flacons aux pharmaciens qui avaient de la demande pour ce vaccin. »

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Il en va tout autrement avec Moderna, le produit conçu par le laboratoire américain éponyme et fondé sur la technologie de l’ARN messager, que La Poste propose désormais à ses salariés. Le groupe public fait en effet partie des entreprises sélectionnées par le gouvernement pour expérimenter auprès de leurs salariés Moderna, d’abord cantonné aux centres de vaccination.

« AstraZeneca, je ne l’aurais pas fait »

Au quatrième étage du centre postal de la rue des Renaudes, dans le 17e arrondissement de Paris, cette campagne-test a débuté lundi 31 mai. Il est 14 heures, et deux postiers, tout juste vaccinés, patientent dans un petit couloir, placés sous observation pendant une quinzaine de minutes. « AstraZeneca, je ne l’aurais pas fait, assure aussitôt Marc Gagneur, facteur au centre de tri situé quelques étages plus bas. Après ce qu’ils ont dit à la télé, les gens se méfient. Mais avec Moderna, je n’avais pas d’appréhension. Et là, je me sens soulagé. » Le postier de 47 ans, qui s’était inscrit sur Covidliste, attendait une dose disponible. « Je me vaccine pour pouvoir rendre visite à mes parents sans prendre de risque, explique-t-il, et il faut en passer par là si on veut retourner au restaurant et au cinéma. »

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« Les gens ont la banane », lâche le Dr Pecaut en parcourant les locaux exigus. A intervalles réguliers, on lui donne à valider les feuilles de renseignements des candidats à la vaccination. « Une hypothyroïdie ? Oui, pas de problème pour vacciner, dit-elle. Là, en revanche, un trouble de la coagulation, ça m’ennuie un peu. » La jeune femme en question, son gilet de factrice sur le dos, ne recevra pas sa dose. Elle est invitée à se rendre dans un centre de vaccination. « Nous n’avons pas les équipements de secours en cas de problème, donc nous ne prenons aucun risque », justifie-t-elle.

Lorsque le ministère de la santé s’est mis à la recherche d’entreprises pour tester le vaccin Moderna, La Poste a aussitôt répondu à l’appel. « Nous avons 190 000 salariés dans le groupe, dont près de la moitié travaille au contact du public. Les facteurs et le personnel en bureau de poste, il est important de les protéger », explique Florence Wiener, responsable de la qualité de vie au travail à la direction des ressources humaines. Or, comme le déplore Marc Gagneur, « beaucoup de [leur]s clients ne mettent pas le masque pour réceptionner les colis ou les recommandés ».

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