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« Touchés, jamais coulés » : Hollande, Cazeneuve, Valls, ou l’éternel objet du retour

La voiture sombre file dans les rues de Montpellier, entre les Hauts-de-Massane et le centre-ville. A l’arrière, François Hollande, en visite marathon dans la capitale de l’Hérault, jeudi 27 mai, et le jeune maire de la ville, Michaël Delafosse, considéré, à 44 ans, comme l’un des talents prometteurs du Parti socialiste (PS). Les deux hommes ont commencé la journée par une rencontre avec les élèves du collège Simone-Veil. Ils enchaînent avec des jeunes du service civique.

Pendant le trajet, François Hollande appelle son ancien premier ministre, Bernard Cazeneuve, pour évoquer le discours que vient de prononcer Emmanuel Macron au Rwanda. Ils se désolent ensuite, en soupirant, de la nouvelle direction du PS : « Ils ne connaissent rien à rien, c’est consternant. » « Je te passe Michaël, qui te cite sans arrêt », finit par lancer Hollande à Cazeneuve, en tendant son portable à Delafosse. « Ce que tu fais est formidable, continue ! », le félicite l’ex-chef du gouvernement depuis les bureaux flambant neufs du cabinet d’avocat August Debouzy, qu’il a rejoint en 2017.

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A un an de la présidentielle 2022, les ombres de François Hollande et de Bernard Cazeneuve, qui sont sortis de leur silence à plusieurs reprises au cours des dernières semaines, planent sur cette précampagne pour l’Elysée, au moment où le troisième pilier du quinquennat précédent, Manuel Valls, cherche à revenir dans le jeu politique français, après son exil barcelonais. « Cazeneuve, Valls et Hollande, c’est le retour du bon, de la brute et du truand », rigole une élue socialiste.

Balayés par l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, les trois hommes partagent une profonde méfiance pour le chef de l’Etat qu’ils ont d’abord choyé et contribué à faire émerger, avant que leur créature – qui s’est nourrie de la rivalité entre Hollande et Valls – ne leur échappe et se retourne contre eux, les reléguant dans « l’ancien monde », où ils restent coincés, quatre ans après. « Les canards sans tête continuent de courir, observe l’ancien premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. Hollande, Cazeneuve et Valls ont été tous les trois les grands perdants de la fin du quinquennat. La question qui leur est posée aujourd’hui est la même : comment revenir ? »

Hollande se désole que le PS ne produise plus d’idées

Chacun y travaille de son côté, ou y a renoncé. François Hollande, qui veille à se rappeler régulièrement au bon souvenir des socialistes, multiplie les déplacements depuis le relâchement des contraintes sanitaires. Lancé dans une offensive de charme auprès des jeunes édiles PS, l’ex-président a rencontré Mathieu Hanotin à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 18 mars, puis Benoît Payan à Marseille, le 24 mars. Il a également déjeuné avec la maire de Paris, Anne Hidalgo, début avril, avant de la retrouver au Creusot (Saône-et-Loire) le 10 mai pour les quarante ans de l’élection de Mitterrand. A chaque déplacement, il en profite pour soigner les élus locaux. « Il travaille à l’ancienne, observe l’ex-député (PS) de l’Hérault Sébastien Denaja, chaque déplacement est pensé de manière chirurgicale. »

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