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Soudan : accusé de crimes contre l’humanité au Darfour, Ahmed Haroun veut être jugé par la CPI

Ahmed Haroun, alors gouverneur du Kordofan du Sud, lors d’une conférence de presse à Talodi, au Soudan, en avril 2012.

Un ex-responsable soudanais accusé de crimes au Darfour (ouest) a annoncé qu’il préférait être jugé devant la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, et non au Soudan, qu’il juge incapable de rendre justice, a indiqué sa fille à l’AFP, mardi 4 mai.

Ahmed Haroun est recherché par la CPI depuis plus d’une décennie pour « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre » pendant le conflit au Darfour. M. Haroun, ainsi que plusieurs autres figures du régime de l’ancien dictateur Omar al-Bachir, a été arrêté au Soudan après la chute de ce dernier, en avril 2019, à la suite de manifestations inédites. Lundi, il a comparu devant une commission chargée d’enquêter sur les combats au Darfour, a indiqué à l’AFP sa fille, Aliya Ahmed Haroun.

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Dans un communiqué de cinq pages daté du 3 mai, l’ancien responsable accuse les autorités locales de le maintenir en détention « en violation de la loi », ajoutant avoir été « privé » du droit de contester son arrestation. « Une autorité avec une pratique aussi épouvantable de la loi ne sera pas capable et ne voudra pas rendre justice », affirme-t-il dans le texte, très relayé mardi sur les réseaux sociaux. « C’est pour cela, entre autres […] que j’annonce avec confiance préférer pour mon dossier, s’il y en a un, être renvoyé devant la CPI », ajoute cet ancien gouverneur de l’Etat du Kordofan du Sud et ministre d’Etat de l’intérieur.

300 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés

En 2007, la CPI a émis un mandat d’arrêt visant M. Haroun, contenant 42 chefs d’accusation, dont ceux de meurtre, viol, torture, persécution et pillage. Le conflit au Darfour a éclaté en 2003 entre des forces de l’ex-président Omar al-Bachir et des membres de minorités ethniques s’estimant marginalisées. Le pouvoir avait déployé des milices armées composées essentiellement de nomades arabes, accusées notamment de « nettoyage ethnique ». Les violences ont fait quelque 300 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés, surtout durant les premières années du conflit, selon l’ONU.

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M. Bachir, détenu à Khartoum, est également recherché par la CPI pour « crimes contre l’humanité » et « génocide » au Darfour. En décembre 2019, il a été condamné pour corruption et doit encore être jugé à Khartoum pour son rôle dans le coup d’Etat qui l’a mené au pouvoir en 1989. L’an dernier, Ali Kosheib, chef des milices Janjawid impliquées dans les atrocités au Darfour, s’est livré à la CPI. Il était recherché depuis 2007.

Le Monde avec AFP

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