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Sixième jour de mobilisation en Birmanie malgré la peur des représailles

Deux jours après l’usage de la force par la police qui a fait plusieurs blessés, dont une jeune femme blessée par balle à la tête, la peur des représailles est dans tous les esprits d’autant que les interpellations se poursuivent.

Rien ni fait : ni l’interdiction de rassemblements et ni les arrestations. Depuis le 6 février, les Birmans descendent chaque jour par centaines de milliers dans les rues. Pour la sixième journée consécutive, ils ont continué à braver la junte et à manifester contre le coup d’Etat du 1er février qui a renversé Aung San Suu Kyi.

« N’allez pas au bureau ! », scandait, jeudi 11 février, un groupe de protestataires devant la Banque centrale de Birmanie à Rangoun, la capitale économique, répondant aux appels à « la désobéissance civile » lancés dès les premières heures qui ont suivi le coup d’Etat. Des membres des ethnies karen, rakhine ou kachin, en habits traditionnels, agitant des drapeaux de leur minorité, ont rejoint la manifestation.

Deux jours après l’usage de la force par la police qui a fait plusieurs blessés, dont une jeune femme blessée par balle à la tête, la peur des représailles est dans tous les esprits d’autant que les interpellations se poursuivent. Les autorités ont interdit, depuis lundi soir, les rassemblements de plus de cinq personnes dans plusieurs villes, et ont décrété un couvre-feu.

Plus de 200 personnes – des membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi, et des activistes – ont été interpellées depuis le putsch du 1er février, d’après une ONG d’aide aux prisonniers politiques. D’autres arrestations ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi, dont celle du vice-président de la Chambre basse du Parlement, d’un proche d’Aung San Suu Kyi et de plusieurs responsables locaux.

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Pas encore de sanctions

Cette escalade de la violence contre les manifestants a été condamnée à l’international. Le président américain Joe Biden a annoncé, mercredi, que son administration réduisait l’accès des généraux birmans à un milliard de dollars de fonds aux Etats-Unis et allait dévoiler de nouvelles sanctions dans la semaine. « J’appelle une nouvelle fois l’armée à libérer immédiatement tous les dirigeants politiques élus démocratiquement et les activistes », a ajouté Joe Biden. La Birmanie est son premier dossier diplomatique majeur depuis son élection.

L’Union européenne pourrait aussi prendre de nouvelles sanctions, a averti Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne. Elles pourraient viser le chef de l’armée Min Aung Hlaing, auteur du putsch, et d’autres généraux. Ils font déjà l’objet de mesures de rétorsion depuis les exactions des militaires contre la minorité musulmane rohingya en 2017.

Les puissants conglomérats contrôlés par l’armée pourraient être également ciblés, les sanctions les visant ayant été levées pendant la fragile parenthèse démocratique de dix ans, refermée brutalement par le coup d’Etat. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU va tenir, vendredi, une session extraordinaire sur les événements. La position de Pékin et de Moscou, soutiens traditionnels de l’armée birmane aux Nations unies, sera scrutée de près.

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Le Monde avec AFP

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