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Sidérurgie : Sanjeev Gupta, le patron de GFG Alliance, en difficulté, rompt son silence

Sanjeev Gupta, patron de GFG Alliance, à Dalzell, en Ecosse, au Royaume-Uni, en avril 2016.

Sanjeev Gupta rompt son silence. Dans un podcast à ses 35 000 employés, lundi 29 mars, que Le Monde a pu écouter, le patron du groupe sidérurgique GFG Alliance, qui lutte pour sa survie, a tenté de rassurer, après avoir passé de son propre aveu « le plus dur mois de sa vie ».

L’homme continue à entretenir le flou sur de nombreux aspects des difficultés de son groupe et n’évoque pas la demande de sauvetage déposée auprès du gouvernement britannique (qui a été rejetée). Mais il a envoyé un message qui se veut optimiste sur sa capacité à se refinancer. « Je suis très encouragé par les nombreux signes d’intérêt de la communauté d’affaires. (…) Cela va prendre du temps, mais je suis confiant, on va y arriver. »

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GFG Alliance, qui emploie 2 000 personnes en France, notamment à Dunkerque (Nord, aluminium), à Valenciennes (Nord, fonderie Ascoval) ou à Hayange (Moselle, fabrication de rail), est au bord du dépôt de bilan depuis que son principal financeur, Greensill, a fait faillite, le 8 mars. Selon les avocats de cette institution financière, le groupe sidérurgique lui doit 5 milliards de dollars (4,3 milliards d’euros). Depuis, l’homme d’affaires indo-britannique se bat pour éviter le dépôt de bilan.

Preuve que la situation est extrêmement tendue, M. Gupta a lancé le « projet Athena ». Il passe en revue chaque usine, une à une, pour tenter de gratter un maximum de liquidités : il demande aux clients de payer plus tôt, essaie de réduire les inventaires, vend les stocks non nécessaires…

« Je suis très fier d’avoir sauvé ces usines »

M. Gupta, qui parlait depuis Dubaï, où il réside depuis fin décembre 2020, bloqué par la pandémie de Covid-19 après y avoir passé Noël, reconnaît avoir été beaucoup trop dépendant de Greensill. Il souligne néanmoins qu’il avait entrepris de diversifier ses sources de financement avant la crise actuelle. Dans l’aluminium, où il est aussi présent, ses financements ne viennent pas de Greensill, mais d’un « consortium de dix banques internationales ». C’est aussi le cas à Aluminium Dunkerque, pour lequel M. Gupta parle d’« autres arrangements ». En Australie, les opérations ont été refinancées avec une obligation émise sur les marchés financiers par JP Morgan.

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Dans l’acier, qui représente la majeure partie de son activité, la dépendance de Greensill était malgré tout complète. M. Gupta s’en explique ainsi : « Quand j’ai commencé cette aventure, en 2013, il y avait peu de financeurs traditionnels disponibles qui croyaient [en nous]. » Greensill lui a offert un financement « fondé sur [leur] liquidité future », explique-t-il. Sans cela, souligne-t-il, jamais il n’aurait pu acheter des usines qui menaçaient de fermer. « Je suis très fier d’avoir sauvé ces usines. »

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