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Selon un sondage, une courte majorité des Alsaciens-Mosellans favorables à l’abrogation du régime concordataire

Devant la cathédrale de Strasbourg (Bas-Rhin), en mars 2020.

L’exception concordataire d’Alsace-Moselle serait-elle moins consensuelle, sur place, qu’on ne le dit habituellement ? C’est ce que laisse penser un sondage publié mardi 6 avril, commandé à l’IFOP par le Grand Orient de France, tenant historique de la laïcité, et dont Le Monde présente les résultats.

Le bien-fondé de la subvention de 2,5 millions d’euros à un projet de mosquée, voté par la municipalité de Strasbourg et contesté par le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, en mars, a relancé le débat autour du droit des cultes en vigueur dans les trois départements d’Alsace-Moselle, où la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat ne s’applique pas. Soulevé par des députés lors de la discussion du projet de loi confortant le respect des principes de la République, en février, il pourrait revenir cette semaine au Sénat.

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L’IFOP a mesuré, du 30 mars au 1er avril, l’adhésion de la population métropolitaine (1 009 personnes, méthode des quotas) mais aussi celle des trois départements concernés (801 personnes) au régime particulier qui y prévaut.

Héritage lointain du Concordat de 1801, les ministres des quatre cultes statutaires (catholique, luthérien, réformé et israélite) sont salariés par l’Etat. Les collectivités locales participent au financement du culte paroissial et les collectivités publiques peuvent accorder des subventions aux cultes non statutaires (musulman, bouddhiste…), notamment pour une construction.

Orientation politique

Cette exception est-elle, comme on l’avance souvent, largement soutenue par les Alsaciens et les Mosellans ? L’enquête atteste qu’ils sont partagés. Une courte majorité (52 %) se disent favorables « à l’abrogation du Concordat en Alsace-Moselle afin d’y faire cesser le financement public des salaires des ministres des cultes catholique, luthérien, réformé et israélite ».

L’engagement dans une croyance religieuse est le discriminant principal des réponses : les « athées » sont 69 % à se dire favorables à l’abrogation du Concordat, les « croyants non religieux » 49 % et les « croyants religieux » 43 %.

L’orientation politique joue aussi : les sympathisants de La France insoumise (LFI, 64 %), du PS (57 %) et d’Europe Ecologie-Les Verts (51 %) y sont davantage favorables à l’abrogation que ceux de La République en marche (46 %), du Rassemblement national (RN, 44 %) et des Républicains (43 %). A noter que les partisans de l’abrogation, s’ils sont majoritaires en Moselle (56 %), sont minoritaires en Alsace (49 %).

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