Actualités

Scandale des œufs contaminés : un an de prison ferme pour un chef d’entreprise belge

Un technicien de laboratoire de l’Office bavarois de la santé et de la sécurité alimentaire vérifie la présence de fipronil, un insecticide nocif, dans des œufs, à Erlangen (Allemagne), le 10 août 2017.

Un chef d’entreprise belge a été condamné, vendredi 4 juin, par le tribunal d’Anvers à trois ans de prison, dont deux avec sursis, dans le scandale des œufs contaminés au fipronil, qui avait ébranlé la filière avicole européenne en 2017.

Cet homme de 49 ans, patron de la société Agro Remijsen, aujourd’hui en faillite, avait commercialisé un produit pour le traitement des poulaillers, faussement présenté comme 100 % naturel, mais qui contenait cet insecticide interdit. Un de ses associés et un autre chef d’entreprise ont écopé d’une peine de dix-huit mois de prison avec sursis.

Au total sept responsables d’entreprise et quatre sociétés étaient jugés dans le volet belge de ce dossier, devant le tribunal correctionnel d’Anvers. Mais le tribunal a été plus clément que le parquet dans ses réquisitions, jugeant que seuls trois responsables méritaient une condamnation. Le jugement est susceptible d’appel.

L’usage du fipronil pour désinfecter les poulaillers, principalement en Belgique et aux Pays-Bas, avait ébranlé toute la filière avicole européenne en 2017, entraînant l’abattage préventif de volailles et le retrait de dizaines de millions d’œufs des rayons de supermarchés.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les œufs contaminés au fipronil, nouveau scandale en Europe

Un danger pour la santé humaine

Autorisé pour combattre poux et acariens chez les chiens et les chats, le fipronil est interdit dans l’Union européenne au sein des bâtiments d’élevage, car l’antiparasitaire risque de se retrouver sur des animaux destinés à la chaîne alimentaire. Le risque de résidus, même légers, doit être exclu, afin de protéger la santé humaine. Dans ce cas, il était utilisé pour lutter plus efficacement contre le pou rouge, l’ennemi déclaré des poulaillers.

La société Agro Remijsen, établie à Ravels dans le nord de la Belgique, près de la frontière néerlandaise, a été reconnue coupable d’avoir importé illégalement du fipronil de Roumanie pour confectionner un mélange vendu sous le nom de Dega-16.

Lire aussi La fraude aux œufs contaminés s’étend

Ce désinfectant, présenté comme le produit miracle contre le pou rouge, a trompé la vigilance des éleveurs. En Belgique, une société de désinfection l’a utilisé en sachant pertinemment qu’il était interdit et nocif, comme l’a relevé le tribunal d’Anvers. C’est le dirigeant de cette société qui écope d’une condamnation, au côté des deux associés d’Agro Remijsen.

La crise sanitaire qui avait éclaté à l’été 2017 avait touché la quasi-totalité de l’Europe, et des aliments suspects (œufs ou produits à base d’œufs potentiellement contaminés) avaient même été découverts à Hongkong. Rien qu’en Belgique, « plus de 77 millions » d’œufs ont dû être détruits, et près de deux millions de volailles abattues, selon l’Autorité belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), qui était partie civile au procès.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Des œufs français blancs comme neige

Le Monde avec AFP

Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

Most Popular

Retrouvez toute l'actualité française et internationale sur France Actus.

© 2020 FRANCE ACTUS - TOUS DROITS RÉSERVÉS

To Top