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Sans surprise, le débat sur la fin de vie ne trouve pas d’issue à l’Assemblée

Le député de Charente-Maritime, Olivier Falorni, prend la parole lors de la discussion, à l’Assemblée nationale, de la proposition de loi « donnant et garantissant une fin de vie libre et choisie », à Paris, le 8 avril 2021.

Les députés de la majorité, comme ceux des oppositions, se sont massés, jeudi 8 avril, à l’Assemblée nationale pour débattre de la proposition de loi (PPL) « donnant et garantissant une fin de vie libre et choisie » du député Olivier Falorni (Charente-Maritime, Libertés et Territoires). Les discussions souvent enflammées, ponctuées d’anecdotes personnelles et d’avis très contrastés, ont abouti in extremis à l’adoption du premier article de cette proposition de loi qui vise à autoriser « l’assistance médicalisée active à mourir » pour les personnes atteintes « d’affection grave et incurable ». Mais, sans surprise, au bout de sept heures de discussions, la bataille d’amendements n’a pas permis d’examiner l’ensemble du texte avant minuit, rendant impossible l’adoption de cette PPL. Le vote sur l’article premier n’aura donc été que symbolique.

L’adoption de cet article a été un vrai coup de force, tant les débats ont été jusqu’au bout paralysé par une poignée de députés Les Républicains (LR), opposés aux mesures présentées par M. Falorni. Déjà auteur de près de 2 300 amendements pour la séance, les députés Marc Le Fur, Julien Ravier, Xavier Breton ou encore Patrick Hetzel ont de nouveau déposé plusieurs centaines de sous-amendements, jeudi matin, pour empêcher l’adoption du premier article de la proposition de loi.

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« Il est clair que ce texte nous invite à une rupture, à la transgression d’un interdit majeur de notre société : ne pas provoquer délibérément la mort », a défendu le député LR de l’Ain, Xavier Breton. Impensable pour eux de traiter un sujet aussi délicat dans le cadre d’une niche parlementaire, qui limite à une journée les discussions sur les propositions de loi choisies par les groupes d’opposition. Chez LR, d’autres députés ont fait part de leur désaccord avec ce groupe d’irréductibles. « Si l’occasion m’est donnée de pouvoir voter, je voterai pour ce texte », a affirmé le député LR de l’Oise, Eric Woerth.

Débattre, puis voter. La majorité des élus ne souhaitait que cela. Pour sa première prise de parole devant l’Hémicycle, Olivier Falorni n’a pas lésiné sur la mise en scène. Deux piles imposantes de dossiers contenant les 4 000 amendements du texte ont été placées devant lui, à la tribune. « Ces feuilles n’ont qu’un but : empêcher l’Assemblée nationale, empêcher les représentants de la nation, les députés, de voter ici, souverainement ! », a t-il clamé. « Les premières discussions sur l’euthanasie sur ces bancs datent de 1978. (…) Laissez-nous voter !  », a renchéri son homologue de La France insoumise (LFI), Caroline Fiat. Ovationné, M. Falorni a lui-même fait applaudir tour à tour ses collègues Jean-Louis Touraine (LRM), Caroline Fiat et Marine Brenier (LR), tous auteurs de plusieurs PPL similaires depuis 2017.

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