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Sanctions partielles de l’Union européenne contre les militaires putchistes birmans

Des moines bouddhistes montrent une image défigurée du commandant en chef de l’armée birmane, le général Min Aung Hlaing, lors d’une marche de rue contre le coup d’Etat militaire à Mandalay, en Birmanie, vendredi 12 février 2021.

Trois semaines après le coup d’Etat militaire en Birmanie, et alors que la répression durcit, l’Union européenne n’a visiblement plus d’espoir que ses appels pour un retour à la démocratie soient entendus. Réunis à Bruxelles, les 27 ministres des affaires étrangères ont dès lors adopté un projet de « mesures ciblées » visant des responsables du putsch du 1er février et des violences qui en découlent. Les mesures européennes vont frapper leurs intérêts, car « dans ce pays, les militaires sont des entrepreneurs et ils détiennent des pans de l’économie », indiquait, lundi 22 février, le haut représentant, Josep Borrell.

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Le président américain, Joe Biden, avait, lui, devancé les Européens en annonçant, le 11 février, un premier plan de mesures visant les généraux putschistes.

Dans un texte final, les ministres européens appellent à la désescalade, à la restauration du gouvernement légitime, à l’installation du nouveau Parlement élu, ainsi qu’à la libération d’Aung San Suu Kyi, du président Win Myint et des opposants arrêtés. Ils indiquent également leur volonté de réexaminer les relations commerciales et la politique de coopération avec le pays.

Leur volonté de riposte devra toutefois être précisée dans les jours à venir : aucun nom de responsables à sanctionner n’était avancé lundi soir et des déclarations faites, lundi matin, par le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, sur des mesures restrictives à adopter « en dernier recours » avaient jeté le trouble. Lundi, le haut représentant plaidait fermement pour des mesures, mais indiquait qu’il refuserait qu’elles frappent directement la population birmane.

« Schizophrénie » des pays européens

Des questions posées à l’issue de la réunion ministérielle de lundi sur la portée des sanctions à adopter – seront-elles aussi à portée économique, viseront-elles les investissements européens dans le pays ? – sont restées sans réponse. De quoi relancer les interrogations sur l’effet possible de l’initiative européenne, alors que des précédentes sanctions, qui avaient visé la Birmanie pendant plus de quinze années, avaient déjà suscité pas mal de doutes.

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C’est en avril 2012 que les mesures restrictives européennes, mises en place en 1996, furent levées, hormis l’embargo sur les armes. Elles furent massives et frappèrent près de 500 personnalités et 800 entreprises liées au régime militaire de l’époque. Les échanges commerciaux et les investissements ne furent toutefois pas arrêtés, ce qui profita notamment au pétrolier français Total et au Lloyd’s, le géant britannique de l’assurance. Pour nombre d’observateurs, les sanctions n’étaient, en fait, pas parvenues à isoler les dirigeants de la junte militaire. Le think tank britannique Burma Independence Advocates soulignait, en 2011, la « schizophrénie » des pays européens qui, Britanniques et Français en tête, étaient même devenus, entre 1995 et 2005, les plus gros investisseurs dans le pays. « En d’autres mots, l’UE a imposé des sanctions d’une manière telle qu’elles limitent les dommages pour ses intérêts économiques », relevait, en 2013, une étude de Konstanty Gebert pour l’European Council on Foreign Relations.

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