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Roxana Maracineanu veut un « renouveau démocratique et éthique » dans les fédérations sportives

Roxana Maracineanu, à la sortie de l’Elysée, en juillet 2020.

D’ici à avril 2021, toutes les fédérations sportives, en France, auront élu leur nouvelle présidence. Dans un entretien au Monde, la ministre déléguée aux sports, Roxana Maracineanu, insiste sur la nécessité d’« une plus forte incitation à la démocratie, la parité, la transparence » au sein de ces instances.

Quel regard portez-vous sur la période électorale en cours et ce qu’elle traduit du fonctionnement du monde sportif ?

Les campagnes sont dures, avec des contestations, et cela conforte notre volonté d’aborder un vrai virage dans le renouvellement et la transformation des instances fédérales. Avec les parlementaires, nous avions déjà commencé à voir comment apporter plus de transparence dans le parcours électif, plus de démocratie dans la gouvernance. Je note déjà un souffle nouveau, avec l’arrivée de nouveaux présidents, mais les modalités de vote peuvent surprendre dans certaines fédérations. Elles ne sont pas toujours satisfaisantes sur le plan démocratique. Jusqu’alors, cela se voyait peu : souvent, les mêmes personnes se présentaient, et donc étaient réélues.

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Avez-vous des exemples ?

Si vous regardez dans le détail, vous allez en trouver ! Certaines fédérations ont encore du mal à établir la date de leur élection, ou une période pour que tous les candidats puissent faire campagne en même temps. Nous avons même eu le cas d’une fédération hors des clous [celle d’équitation, qui n’a pas encore annoncé de date] : ses dirigeants ont fini leur mandat réglementaire de quatre ans… sans avoir fixé une nouvelle date d’élection ! Nous l’avons rappelée à ses obligations.

Parfois, il n’y a pas non plus de modalités transparentes de financement : quand certains présidents en place se représentent, il est difficile de savoir s’ils utilisent ou non les fonds fédéraux pour leur campagne. Dans certains cas, les commissions de surveillance des opérations électorales ne sont pas assez indépendantes : il peut arriver que les membres de ces commissions soient des salariés de la fédération, ce qui n’est pas satisfaisant.

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Que proposez-vous pour éviter de telles situations ?

Notre travail peut passer par des modifications législatives, mais aussi par un changement réglementaire. Par décret, nous pourrions clarifier les délais de campagne et faire en sorte que chaque candidat doive créer son association de campagne, pour avoir un compte financier distinct de celui de la fédération. Ou encore que chaque candidat se déclare à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, pour éviter tout conflit d’intérêts [la loi du 1er mars 2017 y contraint déjà chaque président de fédération délégataire après le scrutin].

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