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Roselyne Bachelot veut lutter contre les violences sexuelles dans la musique

La ministre de la culture Roselyne Bachelot à l’Assemblée nationale, Paris, le 12 janvier.

« Ni une révolution ni un point d’étape. » Très engagée dans la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes, la ministre de la culture, Roselyne Bachelot, devait tenir, jeudi 14 janvier, son premier comité de pilotage consacré à la lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles. Un rendez-vous mis en place en 2017 par Françoise Nyssen, réunissant les professionnels de la culture et des personnalités extérieures, et destiné à présenter la feuille de route annuelle du ministère en la matière.

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Après avoir œuvré pour le cinéma, qui a été le premier touché par le phénomène #metoo, le ministère de la culture a décidé de se pencher cette année sur le secteur de la musique, confronté à son tour à une vague de dénonciations, notamment avec le mouvement #balancetonrappeur. « Nous avions le sentiment que la musique avait un train de retard sur le cinéma. L’affaire Chloé Briot [chanteuse lyrique qui, en mars 2020, a porté plainte pour agression sexuelle contre l’un de ses partenaires dans une production de l’Opéra-Comique] nous a convaincus d’agir. Cette histoire est symptomatique, il fallait donner un coup d’accélérateur », explique l’entourage de Roselyne Bachelot.

Un protocole, mis au point avec l’aide des professionnels, comprend notamment l’obligation de suivre tous les deux ans une formation sur la prévention des violences

Concrètement, les aides versées par le Centre national de la musique (CNM) aux différents acteurs de la filière seront désormais conditionnées au respect de critères d’égalité et de lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles. Pour ce faire, le ministère a mis au point un protocole, avec l’aide des professionnels, qui comprend notamment l’obligation pour les personnels du secteur de la musique et des variétés de suivre tous les deux ans une formation sur la prévention des violences. Un « plan de prévention spécifique » pour « les productions artistiques qui peuvent utiliser le nu ou des situations à caractère sexuel », avec la nomination de référents chargés de les suivre, « de la conception jusqu’au spectacle », est également prévu.

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La mise en œuvre de ce protocole, copié sur le modèle de celui qui a été lancé en 2020 pour le cinéma, a débuté le 1er janvier et sera progressive tout au long de l’année. « L’idée est que plus un centime ne sorte du CNM s’il n’y a pas eu respect de ce protocole », indique un conseiller. Une conditionnalité qui n’a rien d’accessoire à l’heure où les professionnels souffrent de l’épidémie de Covid-19. Le 31 août 2020, le CNM s’est notamment vu confier 210 millions d’euros pour aider le secteur musical à surmonter la crise sanitaire, dans le cadre du plan de relance du gouvernement. « Ces aides seront, comme les autres, soumises au protocole », assure-t-on Rue de Valois.

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