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Retraites : « Reculer l’âge de départ est plus une réforme de début de quinquennat que de fin »

Raymond Soubie, à Paris, le 20 juin 2019.

Alors que le gouvernement envisage de reculer l’âge légal de départ en retraite avant la fin du quinquennat, Raymond Soubie, président du groupe Arfilia et de la société de conseil Alixio, estime que « c’est plus une réforme de début de quinquennat que de fin ». L’ancien conseiller social de Nicolas Sakozy, à la manœuvre en 2010 lorsque l’ex-chef de l’Etat a choisi de faire passer cette borne de 60 à 62 ans, juge que cette réforme « a sans doute eu des retombées politiques dans l’opinion et participé à la défaite de 2012 » de l’ancien président de la République.

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Que penseriez-vous d’un relèvement de l’âge légal de départ en retraite ?

Pour moi, c’est la seule mesure possible compte tenu du déficit présent et prévisible des régimes de retraite. Le reste n’est pas à la hauteur de la situation : c’est du pipeau. En 2010, c’était la première fois en trente ans que l’on touchait à cette borne. La question à se poser, c’est : quand faire cette réforme ? Selon moi, c’est plus une réforme de début de quinquennat que de fin. Elle est tellement nécessaire qu’il ne faut pas la gâcher en la lançant prématurément.

Y a-t-il une voie de passage, selon vous, aujourd’hui ?

Nous sommes à très peu de temps de l’élection présidentielle, encore moins du temps de la campagne. Une réforme paramétrique et budgétaire est très différente de la réforme systémique voulue à l’origine par le gouvernement et présentée comme idyllique, où chacun allait y trouver à la fois plus de justice et son compte. Et souvenez-vous des débats sans fin qu’il y a eu autour de l’âge pivot il y a deux ans, qui était une forme considérablement amoindrie d’un recul de l’âge légal. Le gouvernement a beaucoup de sujets difficiles à traiter : sortir du « quoi qu’il en coûte » sans trop de casse, veiller à relancer la machine économique, faire en sorte que l’adaptation aux nouveaux enjeux et aux nouvelles compétences se réalise… C’est énorme. C’est difficile de s’engager sur un sujet comme les retraites qui s’inscrit dans la durée, d’autant plus qu’on ne sait pas ce que va être le climat social.

Comment qualifieriez-vous ce climat ?

Aujourd’hui, il est apparemment calme mais ce n’est pas anormal dans la période que nous avons connue, priorité étant au combat contre le Covid et ses conséquences immédiates économiques et sociales. Demain, la reprise va sans doute s’accélérer. C’est à ce moment-là que des tensions risquent d’apparaître, dès lors que l’Etat devra amoindrir progressivement les aides qu’il accorde. Certains se sentiront alors en réelle difficulté. Un sentiment d’injustice peut apparaître. Mais en matière sociale, le pire n’est jamais sûr, d’autant que le gouvernement portera toute son attention à éviter l’agitation sociale au moment de la campagne présidentielle.

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