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Rénovation énergétique : la France accuse toujours un lourd retard

L’objectif est de porter l’ensemble du parc résidentiel à un niveau « bâtiment basse consommation » d’ici à 2050 (étiquettes A et B).

Il est toujours déprimant de lire un rapport sur la rénovation énergétique des bâtiments. Chaque fois, l’urgence à rénover le bâti en France, pour des raisons environnementales, sociales, sanitaires et économiques, est rappelée noir sur blanc. Chaque fois, les objectifs à atteindre d’ici à 2050 sont redits clairement. Et chaque fois, le constat est le même : le retard qu’accuse la France sur le sujet est énorme.

Les conclusions du rapport de la mission d’information parlementaire sur la rénovation thermique des bâtiments – une trentaine d’auditions, quarante entretiens –, présenté mercredi 10 février, n’échappent pas à la règle. « Il y a une inadéquation entre des objectifs très ambitieux et les moyens mis en œuvre pour les atteindre », déplore Vincent Descœur, président de la mission. « Le rythme est trop lent. » Les rénovations globales ? « A peine 0,2 % des travaux engagés », constate-t-il. « Quand on sait que 94 % des logements affichent une étiquette énergétique inférieure à B, on mesure l’ampleur du défi. » Dans le tertiaire, c’est encore « plus délicat ». « Le recensement des consommations des bâtiments débute à peine. On ne dispose pas de données fiables. »

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L’objectif de porter l’ensemble du parc résidentiel à un niveau « bâtiment basse consommation » d’ici à 2050 (étiquettes A et B) est pourtant non négociable, relève Marjolaine Meynier-Millefert, députée LRM de l’Isère et rapporteuse de la mission. Selon la feuille de route nationale, cela implique 370 000 rénovations globales d’ici à 2022, puis 700 000 par an à partir de 2030. « Une fois qu’on a dit qu’on n’est pas en mesure de tenir ces objectifs », il faut trouver des solutions. Les députés, qui présentent cinquante-deux propositions, espèrent voir une partie d’entre elles traduites dans la loi Climat et résilience, qui sera débattue mi-mars.

« Failles » du financement

Il serait malhonnête de dire que le gouvernement fait fi du sujet. Cependant, de sérieux freins persistent et empêchent de mener une politique efficace, selon les membres de la mission. Ainsi, est-il normal que le Conseil national de l’habitat, le Conseil supérieur de l’énergie et un troisième conseil consacré à l’efficacité énergétique ne se coordonnent pas ? Définir un calendrier à long terme est également indispensable. Une première date, 2028, a été fixée pour éradiquer les passoires thermiques (étiquettes F et G). Mais « il est nécessaire de définir l’après », insiste M. Descœur, comme de penser aux suites du plan de relance – qui consacre 6,7 milliards d’euros à la rénovation énergétique – « afin d’éviter un effet “stop and go” ».

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