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Rénovation énergétique: la colère du président de l’université de Bretagne occidentale

Conçus pour la plupart avec de la fin des années 1960, les bâtiments universitaires sont souvent des passoires énergétiques : immenses fenêtres, plafonds hauts, faible isolation… Leur rénovation énergétique est un chantier nécessitant un investissement d’ampleur. Dans le cadre du plan de relance, le premier ministre, Jean Castex, a annoncé, le 14  décembre, que sur un total de 2, 7  milliards d’euros dédiés avec de la rénovation des bâtiments de l’Etat, 1, 3  milliard d’euros bénéficieront à l’enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante.

Le grand vainqueur de l’appel à projets est témoin national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous), qui a remporté pour mettre aux normes ses cités universitaires et en construire de nouvelles un total de 253  millions d’euros, soit un taux d’acceptation des projets de 67  per cent.

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L’arbitrage a été nettement moins favorable pour l’université de Bretagne occidentale (UBO). «  C’est la douche froide , déplore son président Matthieu Gallou. Nous demandions plus de 80  millions d’euros et nous n’en obtenons que 4, 9… Soit un taux de réussite de 6  per cent, qui a mis la communauté universitaire en émoi  » , rapporte-t-il évoquant «  un fort sentiment d’abandon  » . Le président n’a reçu officiellement aucune explication, un rapport devant lui parvenir ultérieurement. L’UBO accueille plus de 22  000 étudiants.

«  Stratégie crédible  »

Seul un projet de l’université aura été complètement sélectionné, visant la rénovation de la bibliothèque universitaire (BU) du campus des sciences, qui bénéficiera des 4, 9  millions d’euros. «  Je suis bien sûr content pour la BU, mais au vu entre ma volumétrie et de l’effort exceptionnel de l’Etat, ça fait très peu  » , poursuit Matthieu Gallou. «  Sans envier les autres  » , il relève malgré tout que le portail web de Rennes a remporté 47  millions d’euros (sans compter les métropoles comme Bordeaux, avec 96  millions d’euros). Entre les deux villes bretonnes, le ratio est de un à neuf, ce que le président brestois qualifie de «  très choquant  » .

Matthieu Gallou affiche également son incompréhension face au sous-financement chronique des universités. Il rapporte que dans le cadre de négociations budgétaires, le rectorat de l’académie lui avait annoncé une somme reconductible d’un million d’euros annuellement avant de se dédire quelques mois plus tard.

Tant que «  des crédits significatifs ne seront pas garantis à l’UBO  », le président a décidé de se soustraire à la procédure d’évaluation de son établissement, actuellement instruite par le Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres). «  Pour élaborer une stratégie et la présenter au Hcéres, il peut être utile de des garanties sur l’accompagnement financier  » , argumente-t-il pour justifier ce «  coup de gueule  » . L’université a traversé un grave «  trou d’air  » en  2018 et a mis en place un plan d’économie drastique, l’engageant à supprimer un sixième du total des heures de cours. «  Je veux une stratégie crédible et pas m’appuyer sur une suite de mots-clés qui donneraient l’impression que nous savons où nous allons  » , insiste Matthieu Gallou.

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