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Régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur : Les Républicains écartent l’exclusion de Renaud Muselier

Une exclusion du président sortant de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ténor de la droite, entré jeune au RPR dont il fut secrétaire général, fidèle de Jacques Chirac et ami de Christian Jacob, semblait difficilement envisageable. Après l’affront de l’accord La République en marche (LRM) – Les Républicains (LR) en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), les LR ont voulu calmer le jeu, mardi 4 mai, en écartant une exclusion de Renaud Muselier, tout en lui demandant de clarifier sa position pour permettre à la droite de « résister à la déstabilisation » qu’ils prêtent à Emmanuel Macron.

« Je fais confiance à Renaud Muselier pour remettre de la clarté », a assuré le président des Républicains, Christian Jacob, à l’issue d’une réunion du comité stratégique du parti, en assurant que le président de région avait été « sensible à nos arguments ». « On n’est pas du tout dans un sujet d’exclusion », a assuré M. Jacob. Le président de la région PACA « va faire une communication et, sur cette base, on se réunira ce soir en comité d’investiture », a-t-il ajouté.

Après l’annonce par le premier ministre, Jean Castex, dimanche, du retrait de la liste LRM en PACA au profit de la liste LR, M. Jacob avait retiré son investiture à M. Muselier. Avec son alliance « il s’est mis lui-même en marge de notre mouvement », a résumé, mardi matin, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau sur France 2.

« Je suis un homme libre »

De son côté M. Muselier a répété en sortant du siège de LR qu’il n’y aurait « pas d’accord d’appareil » sur sa liste. « Je suis un homme libre » et « je n’ai jamais trahi », a-t-il ajouté en soulignant que « ce n’est pas le premier ministre qui décide pour moi, pas le président de la République, pas ma formation politique ».

Devant le groupe parlementaire LRM, mardi matin, Jean Castex a insisté sur le fait que la majorité avait été « sollicitée » par M. Muselier et que lui-même avait donc répondu favorablement à cet « appel ». Car, a ajouté le premier ministre, « il s’agit de faire face à un risque RN [Rassemblement national] dans cette région et de donner corps à l’essence même du macronisme : le dépassement ». Selon le chef du gouvernement, « nous avons entendu des déclarations qui mettent au même niveau une ligne rouge avec le RN et une ligne rouge avec LRM, ça m’effraie, mais c’est aussi une clarification dont a besoin l’opinion publique ».

Dès lundi, M. Muselier avait tenté d’apaiser les esprits en précisant qu’il n’y aurait sur sa liste ni ministre ni député, alors que la secrétaire d’Etat Sophie Cluzel y avait annoncé sa présence, lundi dans le quotidien L’Opinion.

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« Effacer les repères politiques »

Cela écarte-t-il la possibilité d’une liste LR concurrente ? La date limite de dépôt des listes étant fixée au 17 mai, « on est capables de le faire, mais on est dans un délai de dix jours, c’est compliqué », avait affirmé Christian Jacob avant la réunion.

Le député LR du Pas-de-Calais, Pierre-Henri Dumont, a, de son côté, énuméré, mardi, « trois conditions » : « qu’il n’y ait pas de ministres, pas de parlementaires LRM et pas de LRM tout court ». « Si ces trois conditions ne sont pas remplies, il peut y avoir une [autre] liste » à droite, a-t-il assuré à BFM-TV.

Certains élus plaidaient pour cette option, Bruno Retailleau estimant que le maire de Cannes David Lisnard ferait « un excellent candidat ». Au-delà du timing, la question d’une liste séparée est délicate dans un parti qui a payé cher ses divisions par le passé.

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Pour Annie Genevard, « il faut mesurer les atouts et les risques », dans une région où le RN, emmené par Thierry Mariani, est donné en tête au premier tour, mais devancé au second par Renaud Muselier. « L’avantage d’une telle solution serait celui de la clarté », mais « en présentant une liste, nous bousculerions un peu plus une situation déjà fort confuse », ajoute-t-elle, les bisbilles entre partis pouvant pousser les électeurs à l’abstention ou au vote RN.

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Mardi, les ténors de la droite ont aussi pointé la responsabilité de la macronie dans cette affaire qui fait tanguer toute la droite à l’approche de la présidentielle, en dénonçant une « manœuvre politicienne d’En marche ! ». « Etant incapable de conduire une liste, ils essaient de jouer sur une capacité de nuisance et de déstabilisation, [mais] je suis convaincu qu’on va résister à cette déstabilisation », a affirmé M. Jacob. « C’est une grande faute d’Emmanuel Macron d’avoir voulu effacer les repères politiques pour qu’il ne reste que lui et le Rassemblement national », a affirmé sur Radio J le secrétaire général de LR, Aurélien Pradié.

Le Monde avec AFP

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