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Récit | Les dessous de la démission de Michèle Rubirola de la mairie de Marseille

Michèle Rubirola lors de l’annonce de sa démission, le 15 décembre à la mairie de Marseille.

Le scénario ressemble comme deux gouttes d’eau à celui du Baron noir, ce cacique d’un Parti socialiste (PS) en ruines qui, à force de manœuvres, réussit, dans la série française de Canal+, à accéder au pouvoir tant convoité. Mardi 15 décembre, dix jours avant Noël, Michèle Rubirola a annoncé qu’elle « quittait ses fonctions » et souhaitait échanger sa place de maire de Marseille avec son premier adjoint, le socialiste Benoît Payan, qui n’avait pas pu mener la liste de la coalition de gauche du Printemps marseillais aux dernières élections municipales.

A 16 h 15, Michèle Rubirola gagne d’un pas qu’elle veut décidé – elle boite en effet du genou et vient de subir des infiltrations – la grande salle des mariages de l’hôtel de ville de Marseille, où l’attend la presse. L’élue écologiste vient de quitter son bureau, au premier étage de la mairie – un bureau qu’elle n’a jamais vraiment décoré ni investi. L’inscription « Monsieur le Maire » n’a pas été modifiée. Dans la grande salle des mariages, où une enfilade de cartouches égrène les noms de ceux qui ont dirigé la ville, personne n’a non plus pris le temps d’inscrire le sien. Six mois après son élection, Michèle Rubirola, première femme élue à la deuxième ville de France, ressemblait toujours à une maire fantôme.

Quand elle s’installe au pupitre, dos à la Bonne Mère, mardi, le visage de la médecin de 64 ans semble déjà soulagé. Elle fait face à un mur de journalistes qui attend la confirmation d’une décision annoncée dimanche après-midi, dans la mairie, à Benoît Payan. « Je pars », lui a-t-elle dit, en expliquant qu’une opération du genou lui est conseillée début 2021 si elle ne veut pas claudiquer à vie. La nouvelle est ensuite distillée dans l’intimité de son bureau à ses plus proches adjoints, au téléphone à quelques amis, puis aux membres du groupe municipal du Printemps marseillais dans une salle de l’hôtel de ville, en début d’après-midi. Dans la matinée, Michèle Rubirola a aussi officiellement présenté sa démission au préfet des Bouches-du-Rhône. Et pris le temps de joindre Anne Hidalgo, la maire de Paris, une autre femme, pour expliquer les raisons de sa démission et peut-être chercher un brin de réconfort.

Une maladie qu’elle n’a jamais nommée

Devant la presse, elle invoque sa santé. Une maladie qu’elle n’a jamais nommée et qui lui a valu une opération, en septembre, puis une convalescence de quatre semaines. « Ces épreuves ne m’empêchent pas de servir les Marseillaises et les Marseillais, rassure-t-elle, mais elles limitent l’énergie que je peux y consacrer. Etre maire à Marseille, c’est 300 % de son temps, j’en donne 150 %. » Mais elle évoque aussi la crise liée au Covid-19 que « personne n’avait vu venir », et également la prise de conscience de la « situation financière calamiteuse » de Marseille, du jamais-vu « depuis 1945 ». Elle cite enfin Benoît Payan. « Je souhaite que notre binôme continue, mais s’inverse. Et que Benoît devienne maire. C’est de son énergie et de son expérience dont Marseille a besoin », lâche Michèle Rubirola en adoubant un premier adjoint de 42 ans, curieusement absent de la scène.

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