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Récit d’une campagne sous haute tension, après la gifle qu’a reçue Emmanuel Macron

Le grand malaise. La gifle infligée mardi 8 juin par un homme poussant le cri de guerre royaliste « Montjoie ! Saint-Denis ! » lors d’un déplacement dans la Drôme a suscité une indignation unanime de la part des responsables politiques. « J’en appelle à un sursaut républicain, nous sommes tous concernés, il en va des fondements de notre démocratie », a aussitôt réagi le premier ministre, Jean Castex.

Faut-il voir dans ce geste la vengeance d’une France qui se serait sentie humiliée par le chef de l’Etat et sa prétendue arrogance, comme le suggère le politiste Jean-Yves Camus ? Le geste d’un pays névrosé en pleine « décompensation » à la suite des contraintes infligées par la pandémie de Covid-19 ? Ou l’illustration d’une société qui semble avoir fait de la violence son expression favorite ? Soucieux d’apaisement, le chef de l’Etat – qui a repris mardi son déplacement comme si de rien n’était – n’a voulu y voir qu’un fait isolé, commis par « des individus ultraviolents », comme il l’a assuré au Dauphiné libéré.

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La violence à l’encontre des responsables politiques, y compris de premier plan, n’est pas nouvelle. En pleine affaire Dreyfus, le président Emile Loubet s’était pris un violent coup de canne sur la tête de la part du baron de Christiani en plein hippodrome d’Auteuil, alors que de jeunes royalistes déclenchaient des bagarres parmi les spectateurs. Plus récemment, Jacques Chirac s’était fait insulter (« connard »), tandis que l’ancien premier ministre Manuel Valls, en campagne pour la primaire de la gauche début 2017, s’était, lui aussi, fait gifler, en marge d’un déplacement en Bretagne. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait quant à lui reçu, en 2002, un coup de couteau de la part d’un déséquilibré. Et la candidate aux législatives à Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, s’était fait bousculer sur un marché en 2017.

« A portée d’engueulades »

Macron, qui s’est vanté à plusieurs reprises de se placer « à portée d’engueulades » des Français lors de ses déplacements, a été lui-même plusieurs fois pris à partie depuis 2017. Entre les deux tours de la présidentielle, il avait reproché à ses équipes de vouloir trop le protéger, alors que celles-ci tentaient de le dissuader de s’entretenir avec des syndicalistes de Whirlpool à Amiens, dans un climat de grande tension : « Si vous écoutez les mecs de la sécurité, vous finissez comme Hollande. Peut-être que vous êtes en sécurité, mais vous êtes morts. » Musclée, la rencontre avec les ouvriers avait tourné à l’avantage du candidat d’En marche ! et scellé la victoire à venir.

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