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Procès « Ulysse » : la défense dénonce les lacunes de la cyberinfiation du groupe Etat islamique par la DGSI

Y a-t-il une place devant la justice antiterroriste française pour le doute, pour l’humain ? Sous la pression d’une campagne d’attentats sans précédent en 2015-2016, elle est devenue une machine bien huilée. Trop bien huilée ? C’est la question qu’ont posée, mardi 16 février, les six avocats de la défense, chacun à sa manière, dans le procès « Ulysse », cette exceptionnelle opération de cyberinfiltration qui a vu la DGSI infiltrer le plus haut échelon de l’organisation Etat islamique (EI), lui vendre des armes démilitarisées, les placer dans une cache sous surveillance en forêt de Montmorency. Et arrêter au bout du compte en France en novembre 2016 deux Français et un Marocain soupçonnés d’être des djihadistes, en possession des coordonnées de la cache, avant qu’ils n’y accèdent. Ils sont tous trois jugés par la cour d’assises spéciale de Paris depuis le 1er février pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.

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Au lendemain du sévère réquisitoire des avocats généraux, qui ont réclamé trente ans de réclusion contre le Marocain Hicham El-Hanafi, vingt-deux contre le Strasbourgeois Yassine Bousseria et vingt contre son compère Hicham Makran, les avocats ont insisté sur les zones d’ombre de l’opération « Ulysse ». « C’était le plus beau dossier de l’antiterrorisme, l’infiltration miraculeuse », a rappelé avec ironie Me Thomas Klotz, conseil de M. Makran. « Et puis il y a le résultat, poursuit-il en montrant les deux Strasbourgeois assis dans le box. Ce n’est pas le premier choix. Mais ce succès des services, on ne le volera pas. » Il a donc fallu charger la barque, noircir le dossier.

« C’est un succès, il faut impérativement que les accusés soient à la hauteur de cette infiltration », a renchéri Me Joseph Hazan, qui représente M. Bousseria. Résultat ? « On a parfois essayé de faire rentrer des ronds dans des carrés en suivant un schéma préétabli où l’on coche des cases », a résumé Me Camille Le Gall, l’autre conseil de M. Bousseria. Or dans ce dossier, « il ne fait pas céder à l’analogie », a insisté Me Yasmina Belmokhtar, avocate de M. Makran. « Makran ou Bousseria, ce n’est pas Merah », a insisté Me Hazan en évoquant le djihadiste toulousain. Il a en effet beaucoup été question de profils types, de parcours similaires tout au long de ce procès qui a fait défiler les pires souvenirs de l’antiterrorisme français.

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« Il n’y a que des hypothèses… »

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