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Premières tensions entre Erdogan et l’administration Biden

Joe Biden alors qu’il était vice-président des Etats-unis (à gauche) s’entretient avec le chef de l’Etat turc, Recep Tayyip Erdogan, à Istanbul, le 22 novembre 2014.

Lundi 15 février a vu la première passe d’armes entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et l’administration Biden, quand la Turquie a protesté contre la réaction américaine à la mort de treize de ses ressortissants en Irak. Ces tensions jettent un froid sur le sommet de l’Otan qui doit se tenir mercredi et jeudi à Bruxelles.

Retenus en otages depuis des années par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), les otages ont, selon la partie turque, été exécutés par leurs geôliers lors d’une opération militaire turque dans la province de Dohouk, dans la région autonome kurde du nord de l’Irak.

Dimanche, le département d’Etat américain a déclaré « condamner » ces morts « si les informations » concernant l’implication du PKK « étaient confirmées ». Cette mise en doute a suscité l’ire d’Ankara. Lundi matin, l’ambassadeur américain David Satterfield a été convoqué au ministère des affaires étrangères et le mécontentement turc lui a été notifié « dans les termes les plus forts ». Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a eu beau rectifier le tir lors d’un entretien téléphonique avec le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, assurant que Washington tenait « les terroristes du PKK » pour « responsables » de la mort des otages, le mal était fait.

Le président Erdogan a accusé Washington de s’être rangé du côté « des terroristes » du PKK et de leurs affiliés YPG (Unités de protection du peuple) en Syrie, au lieu d’être solidaire avec la Turquie, son alliée au sein de l’OTAN. « Si vous voulez que nous soyons du même bord au sein de l’OTAN, vous devez être sincère », a-t-il déclaré.

« Des prisonniers de guerre »

Selon le ministère turc de la défense, des combattants du PKK ont exécuté par balles treize militaires, policiers et membres des services secrets turcs retenus en otage dans une grotte au nord-est de Dohouk. Le « massacre » a eu lieu au moment où l’endroit – l’une des multiples redoutes de l’organisation dans la région – était encerclé et bombardé par l’armée turque. Quarante-huit combattants du PKK ont été tués lors de cette opération. Ankara reconnaît avoir lancé cette opération pour libérer les otages, prisonniers du PKK depuis 2015 et 2016. « Nous avons tout fait pour tenter de libérer nos frères », a déclaré M. Erdogan.

Le PKK avance une autre version, selon laquelle les treize ressortissants turcs, « des prisonniers de guerre », ne sont pas morts d’une balle dans la tête, ils ont péri sous les bombardements de l’aviation turque, déployée en force depuis le 10 février dans la zone. Des sites prokurdes en Turquie ont publié des clichés du lieu lourdement bombardé. Des militants les ont ensuite relayés sur les réseaux sociaux pour contredire la version officielle livrée par Ankara.

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