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Premier accord entre la Chine et l’Inde sur la région himalayenne du Ladakh

Sur cette photographie fournie par l’armée indienne, les chars se retirent des rives de la région du lac Pangong, dans la région contestée du Ladakh, dans l’ouest de l’Himalaya, le 10 février 2021.

Un petit pas pour la paix dans l’Himalaya, un grand pas pour le retour à la normale des relations diplomatiques entre la Chine et l’Inde. Jeudi 11 février, le ministre indien de la défense, Rajnath Singh, a solennellement annoncé devant la Rajya Sabha, la Chambre haute du Parlement à New Delhi, qu’un « accord de désengagement mutuel » avait été conclu entre Delhi et Pékin au Ladakh, le territoire à majorité bouddhiste du Cachemire, frontalier du Tibet.

Les armées des deux géants d’Asie sont en conflit larvé depuis bientôt une dizaine de mois, le long de la ligne de contrôle effectif (Line of Actual Control, LAC) qui coupe en deux la région, à une altitude comprise entre 4 000 et 5 500 mètres. Cette ligne de démarcation, non reconnue internationalement, a été tracée en 1962 après une guerre éclair qui avait abouti à l’annexion par la Chine d’une grande partie du Ladakh. Rebaptisé Aksai Chin, le territoire, dont s’est alors trouvée amputée l’Inde, a permis à Pékin d’établir un lien terrestre entre le Tibet, au sud, et la province autonome du Xinjiang, au nord.

L’annonce de M. Singh est venue confirmer une déclaration faite mercredi par le porte-parole du ministère chinois de la défense, Wu Qian, selon lequel les troupes positionnées de part et d’autre de la ligne de front avaient « commencé à organiser le désengagement de manière synchronisée et planifiée, le 10 février ».

« Arrêt des patrouilles »

L’accord est important sur le plan symbolique, car il porte sur la position des deux armées autour du lac Pangong, dont la partie occidentale se trouve en territoire indien, et la partie orientale en territoire chinois. C’est là que l’Inde dit avoir repéré les premiers mouvements de troupes de l’armée populaire de libération chinoise, en avril 2020. Là également que, le 5 mai 2020, les militaires se sont livrés à des jets de pierre et à des combats à mains nues.

Obtenu après neuf cycles de pourparlers commencés au mois de juin entre hauts gradés chinois et indiens, l’accord, qui aurait été bouclé le 24 janvier, vise à « rétablir substantiellement la situation qui existait avant le début de l’antagonisme de l’an dernier », selon M. Singh, qui a jugé bon de préciser que l’Inde n’avait « rien concédé ».

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Sur la rive nord du lac Pangong, où se succèdent huit barres rocheuses parallèles, l’armée indienne a commencé, dès mercredi, à reculer de la huitième crête, où passe la ligne de contrôle, à la troisième crête. Simultanément, l’armée chinoise a abandonné la huitième crête en direction de l’intérieur de l’Aksai Chin. Au plus fort des tensions, l’armée populaire de libération avait avancé jusqu’à la quatrième crête, après avoir bâti une route dans la partie indienne de la zone.

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