Actualités

Pour éviter le couperet, la tentative de modernisation de l’ENA

L’École nationale d’administration (ENA), à Strasbourg, en 2019.

Jeudi 8 avril, en fin de journée, le directeur de l’Ecole nationale d’administration (ENA), Patrick Gérard, a passé beaucoup de temps avec des délégués du personnel, des élèves et des membres de son équipe. Tous étaient sous le choc de l’annonce, faite dans l’après-midi par le président de la République, de la suppression de leur établissement. Patrick Gérard a écouté, rassuré.

Ce n’était pourtant pas une surprise. L’idée avait été évoquée par Emmanuel Macron lui-même, il y a deux ans, lors de la conférence de presse tenue à l’issue de la crise des « gilets jaunes ». Et, jeudi, le chef de l’Etat a tenu à préciser qu’« il ne s’agit ici en aucun cas de céder aux facilités du temps présent, de jeter l’opprobre sur cette école ». Elève de la promotion Léopold Sédar Senghor (2002-2004), il a insisté : « Je n’oublie pas non plus par où je suis passé, et ce que je dois à cette formation. » Enfin, a-t-il ajouté, « je veux ici saluer le travail, l’engagement de Patrick Gérard aujourd’hui, de Nathalie Loiseau hier, dont les réformes et le courage ont nourri d’ailleurs nos travaux ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’ENA, dernière réforme avant liquidation

De fait, depuis la conférence de presse de 2019, le directeur de l’école située à Strasbourg s’est lancé à corps perdu dans un vaste chamboule-tout, avec l’espoir d’échapper à la sentence. Il y a quelques semaines encore, il pensait d’ailleurs avoir gagné son pari. Lorsque Emmanuel Macron a annoncé, en février, la création d’un cinquième concours à l’entrée de l’ENA pour les candidats issus de familles pauvres, il s’est dit qu’il serait baroque de créer une nouvelle voie d’accès à une école que l’on s’apprêtait à supprimer. C’est pourtant bien ce qui s’est passé. Balayant tous les efforts accomplis depuis deux ans.

Enseignement fondé sur les compétences

Patrick Gérard a commencé par la scolarité. Dès octobre 2019, il décide que l’enseignement sera uniquement fondé sur les compétences. « C’est un virage, explique-t-il alors, par rapport aux enseignements d’aujourd’hui qui font encore la part belle aux cours théoriques sur le droit, l’économie ou le management public, par exemple. » Schématiquement, cela signifie que les futurs hauts fonctionnaires recevront une formation qui ne sera plus organisée autour des connaissances mais autour des compétences pratiques.

Un an plus tard, nouveau coup d’éclat, dans la continuité du premier. Alors que chacun prépare le réveillon de Noël 2020, un communiqué de presse tombe : les épreuves du redouté classement de sortie de l’ENA, encore très académiques, porteront désormais non plus sur ce que les élèves savent, mais sur ce qu’ils auront appris à faire au sein de l’école.

Il vous reste 26.93% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

Most Popular

Retrouvez toute l'actualité française et internationale sur France Actus.

© 2020 FRANCE ACTUS - TOUS DROITS RÉSERVÉS

To Top