Actualités

Portrait | Une « mentalité » et un « business model » : du sport aux affaires, Tony Parker ou l’art du rebond

Par Eric Collier

Publié aujourd’hui à 02h28, mis à jour à 12h04

Un jour, c’est sûr, Tony Parker skiera « tout seul ». C’était son objectif de l’hiver – une ambition parmi d’autres, tant l’ancienne star du basket s’active dans tous les azimuts depuis qu’il a pris sa retraite sportive, en 2019. « Skier tout seul », ne plus croiser bêtement ses spatules et éviter les contacts nez-neige, il se l’était promis après ses débuts laborieux sur les pistes pour enfants de la station de Villard-de-Lans (Isère), l’hiver dernier. Guillaume Ruel, son professeur particulier dans le Vercors, lui avait témoigné sa confiance : « Tony est grand, il a un centre de gravité assez haut, c’est normal qu’il ait une certaine appréhension, mais il va y arriver, aucun doute là-dessus ! » Le doute, un frein psychologique que Tony Parker, 38 ans, semble ne pas connaître.

Athlète au mental d’exception, le jeune retraité des parquets détient l’un des plus beaux palmarès du sport français : quatre titres de champion de la ligue professionnelle de basket américaine, la NBA, champion d’Europe avec l’équipe de France, en 2013. Et depuis qu’il a basculé à temps plein dans le monde des affaires, son autre passion, c’est encore un sans-faute, nourri d’audace et d’entregent. S’offre-t-il un club de basket, l’Asvel-Lyon-Villeurbanne, dont il devient président en 2014 – l’équipe est championne de France en 2016 et 2019, puis bénéficie d’une invitation pour disputer l’Euroligue, la compétition européenne qui voudrait rivaliser avec la NBA américaine. Devient-il actionnaire majoritaire, en 2018, de la société qui gère les remontées mécaniques de Villard-de-Lans – la station iséroise accueille une étape du Tour de France en 2020. Crise sanitaire oblige, le coup de projecteur n’aura toutefois « pas apporté les retombées escomptées », regrette Tony Parker, le dos bien droit sur le canapé d’un grand hôtel parisien où il est entré seul, début décembre, sans garde du corps ni attaché de presse, sourire masqué et salut poing contre poing.

Lire aussi Tony Parker est entré au panthéon des San Antonio Spurs

Comme au plus fort de sa carrière sportive, quand ses revenus annuels étaient estimés à 15 millions de dollars, Tony Parker avance dans ses affaires avec des qualités proches de celles qu’il affichait dans les salles de basket. « Agile et déterminé », notent ses interlocuteurs. « Doué, avec une connaissance plutôt intuitive du business », apprécie Jean-Michel Aulas, le président de l’Olympique lyonnais (OL, football), qui l’a accueilli au sein du conseil d’administration de l’OL Groupe. « Malin », corrige, moins élogieux, un autre patron local, Olivier Ginon, président du géant de l’événementiel GL Events. « Impatient », aussi. « Sans vouloir manquer de respect au journal Le Monde, on n’est quand même pas à un shooting de Victoria’s Secret », plaisante-t-il quand la séance photo s’étire un peu trop à son goût.

Il vous reste 75.76% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

Most Popular

Retrouvez toute l'actualité française et internationale sur France Actus.

© 2020 FRANCE ACTUS - TOUS DROITS RÉSERVÉS

To Top