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Portrait | Du militantisme précoce au rêve d’indépendance, Nicola Sturgeon, reine d’Ecosse

Par Cécile Ducourtieux

Publié le 30 avril 2021 à 15h00, mis à jour à 17h23

Marie Burns nous attend sur le parking de la petite gare d’Irvine, à l’ouest de l’Ecosse. Regard d’acier mais voix douce, elle est conseillère municipale de cette cité sans charme ayant grossi comme un champignon au sortir de la deuxième guerre mondiale pour désengorger Glasgow, la capitale économique de l’Ecosse, distante d’à peine 50 kilomètres.

Rangées de maisonnettes avec jardins, vaste centre commercial défigurant le centre-ville… On est loin de l’Ecosse de carte postale et de ses paysages sauvages sublimes. La plage est pourtant toute proche, le Loch Lomond à une petite heure de voiture. « C’est une ville très ancienne, Robert Bruce [roi écossais, héros des guerres d’indépendance contre l’Angleterre] est originaire de la région », précise Marie, qui devine peut-être notre déception.

Cette militante de longue date du parti indépendantiste écossais (le SNP, Scottish National Party) appartient au cercle restreint des connaissances et amis de Nicola Sturgeon, la première ministre écossaise. La « femme la plus dangereuse du Royaume-Uni », comme elle a été baptisée dans les coulisses du pouvoir à Londres, après qu’elle a pris la tête du gouvernement écossais, fin 2014. « La plus dangereuse parce qu’elle est terriblement douée dans ce qu’elle fait », précisait alors Nelson Fraser, le rédacteur en chef du Spectator, l’hebdomadaire de la droite britannique.

La détestation des conservateurs anglais

Il faut dire qu’à 50 ans, dont près de trente-cinq de militantisme pro-indépendance, Nicola – tout le monde l’appelle par son prénom en Ecosse – est un redoutable animal politique. Coriace, très expérimentée et, désormais, ultra-populaire. Peut-être la première dirigeante du pays à pouvoir réaliser le rêve que les nationalistes écossais nourrissent depuis des décennies : la fin de la « soumission » aux parlementaires de Westminster et surtout aux tories, les conservateurs anglais, parti honni et repoussoir ultime.

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Le 6 mai, les Ecossais renouvellent leur Parlement. Et, si le SNP, donné vainqueur dans les sondages, rafle la majorité des 129 sièges à Holyrood, son siège à Edimbourg, Nicola Sturgeon devrait réclamer l’organisation d’un nouveau référendum sur l’indépendance. Le deuxième après celui de 2014. A l’époque, le non à l’indépendance avait remporté 55,3 % des suffrages. Mais, depuis l’été dernier, presque tous les sondages donnent le oui gagnant.

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L’enjeu est historique, pas question pour la première ministre de laisser des choses au hasard. Cette workaholic réputée pour son sens du détail et sa prudence est secrète et même « très timide », assure Marie Burns. Depuis le début de la campagne, la First Minister, comme on dit dans le pays, ne se laisse plus approcher que par quelques médias écossais. Mais un détour par Irvine permet de saisir la matrice de cette dirigeante, qui a rarement quitté son pays mais multiplié les déclarations d’amour à l’Union européenne et promis de revenir dans son giron, une fois l’indépendance acquise.

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