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Politique | A peine engagée, la campagne des régionales est déjà tournée vers le scrutin présidentiel

Déplacement de Marine Le Pen, dans le Nord, en soutien à Sébastien Chenu, tête de liste dans les Hauts-de-France, le 9 avril 2021.

Une élection peut en cacher une autre. Le lancement officiel, lundi 31 mai, de la campagne des élections régionales et départementales des 20 et 27 juin n’occulte pas une échéance plus lointaine : la plupart des états-majors politiques ont déjà le regard tourné vers le scrutin présidentiel de 2022, qui a lieu dans moins d’un an. Comment expliquer, sinon, que les sujets régaliens – sécurité en tête – dominent à ce point les débats, alors qu’un conseiller régional ou départemental gère au quotidien l’attractivité économique, la distribution des aides sociales, les collèges, les lycées ou la voirie ?

Si cette tendance de fond reflète une partie des préoccupations exprimées par les Français dans les sondages, elle signe aussi un durcissement du débat public, où chacun – d’Emmanuel Macron à Marine Le Pen, en passant par le parti Les Républicains (LR) – se bat afin de récupérer un électorat de droite perçu comme le pivot des victoires futures.

Guillaume Peltier, vice-président de LR, s’est invité dans cette bataille en doublant tout le monde par la droite. Le député du Loir-et-Cher a proposé, dimanche 30 mai, sur RTL, « une justice exceptionnelle » pour les individus radicalisés en matière terroriste, « sans appel possible » et avec recours à un référendum si le Conseil constitutionnel censurait la mesure. L’ancien membre du Front national de la jeunesse (FNJ) passé par le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers a aussi assuré « porter les mêmes convictions » que Robert Ménard, le maire estampillé extrême droite de Béziers (Hérault). De quoi envenimer une situation déjà très tendue dans son parti, où l’on se déchire depuis plusieurs semaines sur l’attitude à adopter face au duel annoncé Macron-Le Pen.

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Souder les troupes

Passablement énervé, Christian Jacob, le président de LR, a tancé son subordonné sur Twitter, lui rappelant que « l’heure n’est pas aux prises de position personnelles qui nuisent à tous mais à la mobilisation derrière nos candidats ». Le député de l’Yonne, Guillaume Larrivé, a pour sa part rappelé le passé politique de Guillaume Peltier : « N’ayant pas été élevé à l’école du Front national, mais au Conseil d’Etat et aux cabinets de Nicolas Sarkozy, j’avoue avoir du mal à comprendre les propositions de certains “responsables” de l’actuelle direction du parti dont j’ai été le porte-parole lors de sa fondation… » De son côté, Robert Ménard s’est réjoui, célébrant l’écroulement des « digues » entre lui et la droite traditionnelle. Sur les questions régaliennes, elles sont déjà fissurées depuis longtemps.

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