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Policiers en colère : un mouvement diffus, mais profond

« C’est la crise permanente non ? », lance un syndicaliste fataliste, quand on l’interroge sur la mobilisation en cours au sein de la police nationale, pour s’insurger contre les sorties d’Emmanuel Macron qui a eu le double tort, selon les agents, de reconnaître l’existence des violences policières et des contrôles au faciès, lors d’une interview à « Brut », le 4 décembre. Cette vague de protestation a la triple particularité de ne pas être nouvelle, d’être de basse intensité et d’inquiéter pourtant tout le monde au plus haut point, justement parce qu’elle apparaît diffuse, profonde et difficile à endiguer.

Lire le décryptage : Le Beauvau de la sécurité annoncé par Macron, une façon d’« accélérer la transformation » de la police

Depuis douze jours, des actions entreprises à travers la France, notamment des « contrôles indifférenciés » de tous les véhicules sur certains axes, aboutissent à des embouteillages monstres. Des rassemblements ont également eu lieu, dont le plus important a mobilisé une centaine d’agents devant l’Arc de triomphe à Paris, lundi 14 décembre. Difficile de mesurer la portée du mouvement. Un bon connaisseur de l’institution y voit un effet loupe, les actions étant essentiellement parisiennes, quand un autre assure que la colère germe même dans les plus petites circonscriptions du pays. Un groupe de fonctionnaires « en colère », réunissant plusieurs milliers de personnes sur la messagerie Telegram, est à la manœuvre.

« Une capacité de nuisance exceptionnelle »

Du côté des syndicats de gardiens de la paix, deux attitudes s’opposent. Alliance police nationale a embrayé derrière le mouvement. A leur initiative, plus de 150 policiers, dont la totalité de la brigade anticriminalité, ont, par exemple, déposé une demande de rupture conventionnelle dans l’Isère. L’organisation, suivie par UNSA-Police, a par ailleurs annoncé qu’elle ne participerait pas au « Beauvau de la sécurité », qui doit avoir lieu en janvier 2021 à la demande du président de la République, pour remettre à plat tous les sujets. « On n’a pas besoin d’un énième séminaire, on sort tout juste d’un Livre blanc sur la sécurité et on veut nous refaire le coup, estime le secrétaire général d’Alliance, Fabien Vanhemelryck. Le président a eu quelques paroles malheureuses, il se dit : “Je vais faire ça, et acheter la paix sociale”, mais c’est une enfumade politique. » Selon Alliance, la rencontre, qui a eu lieu à la mi-octobre avec le chef de l’Etat, a déjà fixé les objectifs à atteindre – protection des policiers et mesures sociales. « Il s’agit de la première phase de grippage du système. On a une capacité de nuisance exceptionnelle, mais ça, je pense qu’ils le savent à l’Elysée », prévient Fabien Vanhemelryck.

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