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Plus vulnérables face au Covid-19, les personnes obèses restent les grandes oubliées des politiques sanitaires

« Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu ces regards de haut en bas. Avant, c’était du coin de l’œil, sans insistance. Aujourd’hui, le regard n’est plus le même. » Derrière les masques, Paul (le prénom a été modifié), 46 ans, a senti un changement d’attitude.

Atteint d’obésité sévère, ce fonctionnaire, résidant en Seine-Saint-Denis, s’astreint depuis un an à une discipline sanitaire stricte : télétravail, sorties limitées aux courses une fois par semaine, respect rigoureux des gestes barrières… Aussi, lorsqu’il se permet de demander au client d’un supermarché de remettre son masque sur son nez et que celui-ci le toise, Paul soutient désormais le regard. « Il fut un temps où on était tous dans le même panier face au virus. Aujourd’hui, le collectif commence à se fissurer, on nous fait comprendre qu’on enquiquine, on considère que c’est de notre faute si les hôpitaux sont pleins. » « Nous », ce sont les personnes souffrant d’obésité.

Car ce sont bel et bien deux épidémies qui se superposent et se télescopent. L’une, récente, le Covid-19, qui en une quinzaine de mois a touché plus de 130 millions de personnes dans le monde et entraîné la mort de 2,8 millions d’entre elles. L’autre, plus ancienne, l’obésité, qui touche 13 % de la population mondiale, mais qui a triplé en quarante ans et prend des proportions alarmantes dans de nombreux pays.

Certes, l’obésité n’est pas une maladie transmissible, mais l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’hésite pas à la qualifier d’épidémie, au vu de sa diffusion rapide, et du nombre de décès qu’elle entraîne chaque année : 2,8 millions.

Au printemps 2020, alors que le monde découvrait sidéré la virulence du SARS-CoV-2, l’obésité – communément définie lorsque l’indice de masse corporelle (IMC), le poids divisé par la taille au carré, est supérieur à 30 – est vite apparue comme un facteur de risque de développer des formes graves du Covid-19. Très tôt, des médecins réanimateurs ont constaté que près d’un patient sur deux, dans leurs services, en souffrait, et Emmanuel Macron mentionnait l’obésité, au côté du diabète et du cancer, dans sa première adresse aux Français sur la crise sanitaire du 12 mars. Pour autant, la prise en charge n’a pas suivi, et un an plus tard, le sentiment qui prédomine est celui d’une population pointée du doigt, sans avoir été suffisamment protégée et en particulier vaccinée.

« Un cas d’école de la politique sanitaire française »

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