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Plus de 27 000 pièces archéologiques pillées saisies chez un collectionneur lorrain

A Metz, un membre de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de Lorraine montre un torque de l’âge du fer et un poignard de l’âge du bronze, faisant partie des quelque 27 000 objets archéologiques saisis par des douaniers et détenus par un collectionneur lorrain qui a tenté de les vendre en Belgique, le 14 décembre.

C’est l’une des plus importantes saisies de pièces archéologiques jamais réalisées en France. Mercredi 16 décembre, les douanes françaises ont annoncé avoir mis la main sur plus de 27 000 objets classés biens culturels, cachés chez un collectionneur lorrain. Des pièces d’un intérêt « inestimable », comme des bracelets et des torques datant des âges du bronze et du fer, un très rare dodécaèdre romain, des milliers de pièces de monnaie de l’époque gallo-romaine, ou encore des boucles de ceintures mérovingiennes, médiévales ou de la Renaissance. Des trésors archéologiques « d’une qualité exceptionnelle », selon le ministère de la culture, frauduleusement déterrés sur différents sites de l’est de la France.

L’histoire commence le 18 octobre 2019. Ce jour-là, un Français récemment propriétaire d’un petit arpent de terre dans les Flandres belges, déclare aux autorités la découverte de pièces de monnaie datant de l’époque gallo-romaine. A l’entendre, il a trouvé ce trésor en creusant un trou dans son terrain. Dépêchés sur place, les experts belges tombent de leur chaise. Le propriétaire leur sort du coffre de sa voiture « deux grands seaux remplis de pièces de monnaie » : il y a là plus de 14 000 cercles de métal, dont des « antoniniens » du IIIe siècle, reconnaissables à l’effigie couronnée de l’empereur. « Je n’ai jamais vu une telle quantité de pièces de monnaie de ma vie ! », se souvient Marleen Martens, archéologue à l’agence du patrimoine de Flandre.

Opération de blanchiment

Mais les déclarations du collectionneur français font tiquer les Belges, qui soupçonnent très vite une opération de blanchiment : outre-Quiévrain, les objets trouvés dans le sous-sol sont réputés appartenir au propriétaire du terrain, ce qui n’est pas le cas en France. Selon une loi du 7 juillet 2016, « les biens archéologiques mobiliers sont présumés appartenir à l’Etat dès leur mise au jour au cours d’une opération archéologique et, en cas de découverte fortuite, à compter de la reconnaissance de l’intérêt scientifique justifiant leur conservation ». Les autorités belges décident alors de mener des sondages sur le terrain et concluent très vite qu’il est impossible que des pièces de monnaie soient restées enterrées là depuis l’époque romaine.

Un butin patiemment constitué lors de fouilles sauvages sur des sites archéologiques.

Prévenus par leurs collègues belges, les douaniers français prennent le relais et mènent une perquisition au domicile du collectionneur lorrain. Bingo ! Plusieurs centaines de pièces archéologiques à l’origine inconnue y sont trouvées, ainsi que les clés de plusieurs coffres, dont l’ouverture révélera la présence de 13 000 autres objets. Un butin patiemment constitué lors de fouilles sauvages sur des sites archéologiques.

Poursuivi en justice, le collectionneur lorrain encourt une peine d’emprisonnement et plusieurs centaines de milliers d’euros d’amende, selon les autorités françaises. « C’est un message clair adressé à ceux qui, pour le profit et le plaisir égoïste de quelques-uns, nous privent de notre patrimoine commun et effacent des pans entiers de notre histoire », s’est réjoui le ministre de l’économie Bruno Le Maire, autorité de tutelle des douanes, dans un communiqué publié mercredi 16 décembre.

A Metz, un homme expose une palette avec quelques-uns des 27 000 objets archéologiques, saisis par des douaniers et détenus par un collectionneur lorrain qui a tenté de les vendre en Belgique, le 14 décembre.
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