Actualités

Patrimoine : le chantier de la basilique de Saint-Denis réduit ses ambitions

Lithographie du XIXe siècle représentant la basilique de Saint-Denis.

On s’y voyait déjà, perché à 45 mètres au-dessus du sol, au plus près des tailleurs de pierre et des charpentiers appliqués à redonner à la basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) sa fameuse flèche. Fragilisée par une série de tempêtes, elle avait été démontée pierre à pierre en 1846-1847. Son remontage, décidé en 2017 après des années de tergiversations, devait se faire « à l’ancienne », en utilisant les outils et les matériaux de l’époque de sa construction, au XIIe siècle.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi A la basilique de Saint-Denis, on peut s’initier au travail de la pierre dans les règles de l’art

Une structure en belvédère, avec rampe d’accès et ascenseurs, devait être installée pour permettre aux curieux d’aller observer le déroulement des opérations. Et participer ainsi, grâce à la billetterie, au financement, évalué à 25 millions d’euros – sans engagement financier de l’Etat, comme le stipule une convention-cadre avec le Centre des monuments nationaux. Ce principe de chantier-école ouvert au public et autofinancé est expérimenté avec succès au château de Guédelon (Yonne), en Bourgogne, qui, depuis vingt ans, reçoit en moyenne 300 000 visiteurs par an, venus découvrir la construction d’une forteresse médiévale avec les techniques et les outils du Moyen Age.

Lire aussi : Au château de Guédelon, des métiers redécouverts

Las, le projet, piloté par l’association Suivez la flèche et défendu avec enthousiasme en juin 2020 par le maire sortant (PCF) de Saint-Denis, Laurent Russier, lors d’une présentation à la presse, a fait long feu. L’arrivée, à l’issue des élections municipales de juin, d’une nouvelle équipe, menée par Mathieu Hanotin (PS), a conduit à une sérieuse révision des plans et à l’enterrement du promontoire.

Mathieu Hanotin, maire (PS) de Saint-Denis : « La basilique est un bâtiment vivant, qui accueille des fidèles, un musée, un festival, il faut respecter ces usages »

« D’abord, il faut dire que ce belvédère était moche, lance le nouvel édile depuis son bureau dont les fenêtres donnent sur la basilique, classée monument historique. Pendant dix, voire quinze ans, on aurait eu un machin qui aurait caché toute la face nord du monument. Par ailleurs, il fallait trouver trois millions d’euros pour le construire. Enfin, des questions de sécurité se posaient. Quelle aurait été sa stabilité sur la durée ? Tout cela créait beaucoup de complexité. Il ne faut pas vouloir reproduire à l’identique des recettes qui ont marché ailleurs. La basilique est un bâtiment vivant, qui accueille des fidèles, un musée, un festival, il faut respecter ces usages. Il fallait rendre à la basilique sa fonction sociale le plus vite possible. »

Il vous reste 60.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

Most Popular

Retrouvez toute l'actualité française et internationale sur France Actus.

© 2020 FRANCE ACTUS - TOUS DROITS RÉSERVÉS

To Top