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Particuliers, investisseurs, banques : la fièvre spéculative se propage et inquiète

Vu d’Europe, où la troisième vague de la pandémie de Covid-19 contraint les Etats à réintroduire des restrictions, le symbole a quelque chose de vertigineux. Jeudi 1er avril, le S&P 500, l’indice des 500 plus grandes sociétés américaines cotées, a franchi la barre des 4 000 points. Jamais, depuis sa création en mars 1957, il n’avait grimpé aussi haut, euphorisé par l’annonce d’un nouveau plan de relance aux Etats-Unis. Deux jours plus tôt, l’indice vedette du DAX, à Francfort, a dépassé les 15 000 points – là encore, une première historique.

Si, en mars 2020, les marchés financiers avaient plongé face à la propagation du Covid-19, ils ont très vite retrouvé des couleurs, si bien qu’aujourd’hui, les signes de surchauffe, voire les flambées spéculatives, se multiplient. A Wall Street, les investisseurs sont électrisés par les Special Purpose Acquisition Companies (SPAC), ces coquilles vides cotées en Bourse, qui ont déjà levé 90 milliards de dollars (76,2 milliards d’euros) depuis le début de l’année, soit plus que sur tout 2020.

L’emballement pour les cryptomonnaies, dont le bitcoin, est chaque jour plus fort : leur capitalisation totale frôle 1 900 milliards de dollars, soit dix fois plus qu’il y a un an. « Les ordres de grandeur sont affolants », observe Gunther Capelle-Blancard, économiste à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne. « Cette euphorie rappelle celle qui avait précédé la crise de 2008 et l’explosion de la bulle Internet en 2000 », juge Nicolas Chéron, stratégiste marchés pour Zonebourse.com.

« Déconnexion entre les marchés et l’économie réelle »

A la Bourse de New York, le 24 mars.

Celle-ci est d’autant plus étonnante que nos économies, mises à genoux par la pandémie, sont encore en rémission. En particulier en Europe, où des millions de ménages sont toujours au chômage partiel, tandis que des milliers d’entreprises survivent grâce à la perfusion d’argent public. « Cette déconnexion entre les marchés et l’économie réelle n’est pas nouvelle, mais, depuis quelques mois, elle est alimentée par une série de facteurs particulièrement forts », analyse Eric Dor, économiste à l’école de commerce Iéseg.

« Cette euphorie rappelle celle qui avait précédé la crise de 2008 et l’explosion de la bulle Internet en 2000 », Nicolas Chéron, stratégiste marchés

A commencer par les montagnes de liquidités déversées par les banques centrales pour soutenir l’activité, dont une partie se retrouve sur les marchés. Jeudi 11 mars, la Banque centrale européenne (BCE) a ainsi annoncé qu’elle allait accélérer ses rachats de dettes publiques, pour un total de 1 850 milliards d’euros d’ici à mars 2022.

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