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Pannes des numéros d’urgence : deux enquêtes ouvertes après la mort d’un homme de 63 ans et celle d’un enfant de 2 ans et demi

L’inquiétude grandit, jeudi 3 juin, à propos du bilan humain de la panne qui a largement perturbé les numéros d’urgence dans la nuit de mercredi à jeudi. Un homme de 63 ans est mort à Vannes (Morbihan) et un enfant de 28 mois en Vendée.

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Le parquet de Vannes a ouvert une enquête après la mort d’un homme de 63 ans aux urgences de l’hôpital de la préfecture du Morbihan. « J’ouvre une enquête en recherche des causes de la mort », a précisé François Touron, procureur de la République de Vannes, à l’Agence France-Presse.

Au cours d’un point de presse jeudi matin, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, avait lié le décès de cet homme ayant une « maladie cardiovasculaire » à la panne. Il serait mort mercredi soir faute d’avoir « pu joindre les services de secours à temps », selon M. Darmanin.

« Dysfonctionnement inédit et majeur »

Une enquête administrative a également été ouverte. « D’après les premiers éléments communiqués par la famille, cette personne avait été conduite par un proche au centre hospitalier, au vu des difficultés techniques rencontrées pour appeler les services de secours [15 et 112] », a expliqué la préfecture.

Originaire du pays d’Auray, le sexagénaire est mort d’un arrêt cardiovasculaire aux urgences de l’hôpital de Vannes, malgré les tentatives de réanimation. « Ce patient a été conduit en voiture par sa conjointe au centre hospitalier de Vannes au vu des difficultés constatées pour joindre les services de secours », a détaillé jeudi, lors d’une conférence de presse, le secrétaire général de la préfecture du Morbihan, Guillaume Quenet, évoquant un « dysfonctionnement inédit et majeur ».

Selon le directeur du centre hospitalier Bretagne-Atlantique, Philippe Couturier, présent à cette conférence de presse, « les éléments ne permettent pas de conclure de manière tranchée » à la question du lien entre le décès et la panne des numéros de secours.

« On peut considérer que tout a été fait dès l’arrivée du patient aux urgences pour tenter de réanimer le patient. Ces tentatives ont été vaines et longuement, et avec beaucoup de professionnalisme, les acteurs de l’hôpital ont été mobilisés », a ajouté M. Couturier.

« Un doute légitime »

Parmi les autres victimes de la panne figurerait un enfant de 2 ans et demi, mort au domicile familial en Vendée. Le décès « a été constaté et déploré ce matin », jeudi, a déclaré le préfet Benoît Brocart lors d’une conférence de presse.

« Il apparaît qu’il y a un doute quant aux conséquences que ce dysfonctionnement aurait pu avoir dans le délai d’appel. C’est ce doute légitime qui nous conduit à demander une enquête administrative », a-t-il ajouté.

Selon le directeur de l’agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire, Jean-Jacques Coiplet, un premier appel a été reçu par le SAMU à 8 h 21. La mère aurait tenté auparavant « pendant une heure de joindre sans succès le 18 puis le 15 ». L’appel de 8 h 21 a pu être établi grâce au numéro de substitution à 10 chiffres, a-t-il précisé.

A 8 h 22, les pompiers de la commune et le SMUR de La Roche-sur-Yon sont partis, tandis qu’un régulateur médical donnait des conseils à la mère pour les premiers soins de l’enfant, en arrêt cardiaque. Le SMUR pédiatrique de Nantes est parti à son tour à 8 h 46. Le décès de l’enfant a été constaté à 9 h 25 au domicile familial, a précisé M. Coiplet.

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Un appel au SAMU toutes les secondes

Jeudi matin, outre le décès survenu à Vannes, M. Darmanin avait évoqué « deux autres accidents cardiovasculaires » qui ont eu lieu à La Réunion. « Je ne peux pas dire si le temps [avant l’arrivée des secours] a été particulièrement long et s’il est imputable à ce numéro d’urgence, a-t-il déclaré. Ce qui est sûr, c’est que les personnes ont témoigné qu’elles [avaient] essayé d’appeler plusieurs fois et qu’elles n’ont pas réussi tout de suite à avoir des opérateurs. »

De son côté, le ministre de la santé, Olivier Véran, avait fait état de « trois à quatre décès enregistrés sur le territoire national ». Il est encore trop tôt pour faire le lien entre cette panne et les décès recensés, avait-il averti.

Dès mercredi soir, l’incident avait suscité de nombreuses interrogations sur les conséquences humaines. « Ce qui nous inquiète, c’est que des gens appellent pour des arrêts cardiaques, des accidents. (…) Il faut qu’on puisse répondre le plus vite possible. Il y a un véritable problème de mise en danger d’autrui », s’était notamment inquiété sur BFM-TV Patrick Pelloux, le président de l’Association des médecins urgentistes de France. « On ne sait pas quelles conséquences aura cette panne », avait déclaré François Braun, président du syndicat SAMU – Urgences de France, tout en rapportant que, traditionnellement, « il y a un pic d’appels le soir vers 19 heures ». Le SAMU reçoit un appel toutes les secondes au niveau national.

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Le Monde avec AFP

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