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Pablo Iglesias, leader du parti espagnol Podemos, met fin à sa carrière politique

Pablo Iglesias, leader du parti espagnol Podemos (« Nous pouvons ») lève le poing lors d’un rassemblement du parti à Madrid, en Espagne, le 11 juillet 2015.

Pablo Iglesias a annoncé mardi 4 mai au soir se retirer de la vie politique après le triomphe de la droite aux régionales à Madrid. Le leader de Podemos a voulu révolutionner la gauche dans une Espagne plongée dans l’austérité.

Cheveux longs noués en queue-de-cheval ou en chignon, cet ancien professeur de sciences politiques de 42 ans est l’un des principaux visages de la politique espagnole depuis la création en 2014 de la formation de gauche radicale Podemos, héritière du mouvement des « indignés » et des manifestations anti-austérité massives de 2011.

Entré au gouvernement en janvier 2020 comme deuxième vice-président du gouvernement dirigé par le socialiste Pedro Sánchez, Iglesias a pris tout le monde de court en mars en démissionnant pour se présenter aux élections régionales à Madrid, dans le but de sauver Podemos d’une déroute dans l’un de ses bastions. Mais il a perdu son pari.

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« Quand on cesse d’être utile, il faut savoir se retirer »

Malgré sa participation aux élections régionales à Madrid, les partis de gauche ne sont pas parvenus à battre la droite, au pouvoir dans la région depuis vingt-six ans. Un revers qui a sonné la fin de la carrière politique d’Iglesias, qui avait déjà prévu de passer le témoin à la tête de Podemos à la ministre du travail, Yolanda Díaz.

« Quand on cesse d’être utile, il faut savoir se retirer », a-t-il admis alors que Podemos est arrivé très loin derrière Mas Madrid, formation rivale à la gauche de la gauche. « Nous avons échoué », a-t-il déploré devant un groupe de militants de son parti. « Je crois qu’il est évident qu’aujourd’hui (…) je ne contribue pas à rassembler », a poursuivi M. Iglesias. Pour cette raison, « j’abandonne toutes mes fonctions, je quitte la politique dans le sens de politique partisane, politique institutionnelle », afin de ne pas être « un obstacle à une rénovation de la direction qui doit se produire dans notre force politique ».

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Un militant précoce

La politique a toujours coulé dans les veines de Pablo Iglesias, né à Madrid le 17 octobre 1978 et prénommé ainsi par ses parents en l’honneur d’un autre Pablo Iglesias, fondateur au XIXe siècle du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Fils d’une avocate et d’un inspecteur du travail emprisonné pendant la dictature de Francisco Franco (1939-1975), il rejoint les Jeunesses communistes dès 14 ans.

Ce militantisme précoce le conduira à s’intéresser aux mouvements altermondialistes et aux nouvelles formes de socialisme qui émergent en Amérique latine. Au fil d’un parcours universitaire brillant, Pablo Iglesias obtient une licence en droit, un master en communication et un doctorat en sciences politiques. Enseignant à l’université madrilène Complutense, il y rencontre ceux qui deviendront l’équipe fondatrice de Podemos.

Le poing levé et scandant « Sí se puede » (« Oui, on peut »), Iglesias et ses camarades de Podemos entrent dès 2014 au Parlement européen et mettent fin en 2015 avec les libéraux de Ciudadanos au bipartisme espagnol socialistes/conservateurs.

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La troisième force politique espagnole

Dénonçant avec fureur l’austérité et la corruption de la « caste » politique et économique, Podemos, dont les députés tranchent dans l’ambiance feutrée des Cortes en raison de leur look, devient alors la troisième force politique espagnole. Rêvant de dépasser les socialistes pour représenter l’alternative à gauche, Podemos échoue.

Mais Pablo Iglesias finit par s’entendre avec son frère ennemi pour renverser en 2018 le conservateur Mariano Rajoy et former l’an dernier avec les socialistes le premier gouvernement de coalition du pays depuis la fin de la dictature franquiste. Au gouvernement, Iglesias avait fait du blocage des loyers ou de l’abrogation d’une réforme du marché du travail des conservateurs ses principaux chevaux de bataille.

Charismatique, Pablo Iglesias, qui excelle dans les débats télévisés, est depuis le début l’âme de la formation, au point que son visage et sa queue-de-cheval figuraient sur les bulletins de vote des européennes de 2014.

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Un leader controversé

Cet « hyperleadership » a rapidement généré des scissions au sein du parti, qu’il dirigeait avec pour bras droit sa compagne, la ministre de l’égalité, Irene Montero. Avec elle, Pablo Iglesias, qui se vantait d’avoir grandi dans le modeste quartier ouvrier de Vallecas à Madrid, a acheté une villa avec piscine de plus de 600 000 euros dans la banlieue de la capitale, où ils vivent avec leurs trois enfants, ce qui a provoqué des remous au sein du parti.

Passionné et sincère pour ses partisans, démagogue pour ses détracteurs, principalement au sein de la droite espagnole, qui critique ses liens avec le Venezuela, il a été longtemps comparé à Alexis Tsipras, leader de la gauche radicale grecque, qui a gouverné de 2015 à 2019 en fustigeant l’austérité budgétaire de Bruxelles.

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Le Monde avec AFP

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