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« Nous avons la responsabilité de lancer une nouvelle reconstruction » : Mario Draghi obtient la confiance du Sénat en italie

Le premier ministre italien Mario Draghi (au centre), lors d’un débat au Sénat, le 17 février à Rome.

Le nouveau chef du gouvernement italien a remporté, mercredi soir 17 février, le vote de confiance du Sénat sur un programme de reconstruction du pays. Mario Draghi a obtenu 262 voix pour, 40 contre et deux abstentions, confirmant ainsi l’ampleur de sa majorité parlementaire. La Chambre des députés votera la confiance jeudi, ultime étape pour conférer une pleine légitimité à son gouvernement.

En présentant son programme dans la matinée, M. Draghi a appelé à « reconstruire » le pays frappé de plein fouet par la crise sanitaire et économique, promettant de « combattre la pandémie par tous les moyens ». « Comme les gouvernements de l’immédiat après-guerre, nous avons la responsabilité de lancer une nouvelle reconstruction », a-t-il affirmé. « C’est cela notre mission en tant qu’Italiens : laisser un pays meilleur et plus juste à nos enfants et petits-enfants », a-t-il ajouté.

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  • Combattre le Covid-19

Mario Draghi, un homme très discret de 73 ans éduqué chez les jésuites, a succédé samedi à Giuseppe Conte, contraint à la démission après l’explosion de sa coalition, alors que l’Italie approche des 100 000 morts dues au Covid et a enregistré en 2020 l’une des pires chutes du PIB de la zone euro (- 8,9 %).

« Le principal devoir auquel nous sommes tous appelés (…) est de combattre par tous les moyens la pandémie et de sauver les vies de nos concitoyens », a-t-il souligné, alors que moins de 1,3 million d’Italiens sur une population de 60 millions ont reçu les doses nécessaires à l’immunisation. « Après avoir obtenu des quantités suffisantes de vaccins, notre premier défi est de les distribuer rapidement et efficacement », a-t-il précisé.

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  • Budget public commun européen

L’ex-président de la Banque centrale européenne (BCE) a aussi plaidé pour une « Union européenne [UE] plus intégrée qui aboutira à un budget public commun, capable de soutenir les Etats-membres durant les périodes de récession », tout en proclamant « l’irréversibilité du choix de l’euro ».

« Sans l’Italie, il n’y a pas d’Europe », a estimé Mario Draghi, qui dirige une coalition hétéroclite allant de la gauche à l’extrême droite du tribun souverainiste Matteo Salvini. Il a aussi affirmé sa volonté de « renforcer » les relations « stratégiques » avec la France et l’Allemagne.

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La troisième économie de la zone, qui a perdu 444 000 emplois en 2020, compte beaucoup sur la manne du plan de relance européen, dont le versement est lié à la présentation à Bruxelles d’ici à fin avril d’un plan détaillé de dépenses, l’une des missions du nouveau gouvernement.

« Nous aurons à notre disposition environ 210 milliards d’euros sur une période de six ans. Ces ressources devront être dépensées pour améliorer le potentiel de croissance de notre économie », a souligné au cours de son discours de trois quarts d’heure M. Draghi, qui a cité comme priorités « les énergies renouvelables, la lutte contre la pollution de l’air et de l’eau, le train à grande vitesse (…), la production et distribution d’hydrogène, la numérisation et la 5G ».

  • Répartition obligatoire des migrants

Au cours d’une seconde intervention dans la soirée, M. Draghi a plaidé pour une répartition obligatoire des migrants entre les divers pays de l’UE. « L’Italie, soutenue également par certains pays méditerranéens, propose comme mesure de solidarité concrète un mécanisme de redistribution obligatoire des migrants », a-t-il précisé.

Confrontée à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants, Rome demande depuis des années la renégociation du règlement européen de Dublin, qui confie le traitement des demandes d’asile au pays d’arrivée.

Depuis que le président de la République Sergio Mattarella a fait appel à lui le 3 février, Mario Draghi a formé une majorité allant du Parti démocrate (PD, centre gauche) à la Ligue d’extrême droite de Matteo Salvini en passant par le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème jusqu’à son arrivée au pouvoir).

« Aujourd’hui l’unité n’est pas une option, l’unité est un devoir », a martelé M. Draghi, alors que les débuts de son gouvernement ont été marqués par une virulente polémique contre le ministre de la santé, Roberto Speranza, qui a annoncé dimanche soir seulement l’interdiction de rouvrir lundi matin les pistes de ski.

Lire l’éditorial du « Monde » : Mario Draghi, le pari politique de l’Italie

Le Monde avec AFP

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