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« Noël m’a déjà valu prises de bec et crises de larmes avec mes proches » : le réveillon sous Covid attise les débats au sein des familles

Un jeune garçon et la crêche de Noël qu’il a faite lui-même, à Strasbourg (Bas-Rhin), le 17 décembre.

Pour ce réveillon de Noël, la question de la bûche − pâtissière ou glacée ? – passe, pour une fois, au second plan. Covid-19 oblige, ce sont des questions bien plus lourdes qui percutent l’organisation du réveillon. Comment faire ? A combien ? Avec quelles précautions ? Chacun doit faire ses arbitrages, entre impératifs sanitaires et volonté de se retrouver.

« Mamie n’ira pas manger sa part dans la cuisine comme une pestiférée, tempête ainsi Maryse, secrétaire de 58 ans dans le Lot. La mamie, c’est moi depuis six mois, et je resterai au salon avec mon mari, ma fille et mon gendre ! » La jeune grand-mère voit rouge depuis qu’elle a entendu Rémi Salomon, président de la commission médicale d’établissement de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), formuler ce conseil au micro de Franceinfo, le 24 novembre : « On coupe la bûche de Noël en deux et papy et mamie mangent dans la cuisine et nous dans la salle à manger. » Conscient de sa maladresse, le docteur Salomon a très vite présenté « toutes (s)es excuses à nos aînés », sur Twitter, en insistant toutefois sur le fond : il faut protéger les plus âgés du Covid-19.

Ces derniers jours, les familles françaises recherchent le meilleur des compromis pour ajuster le nombre de convives autour du sapin. Jean Castex l’a fixé comme « raisonnable » à six adultes, contre huit ou dix dans d’autres pays. Une simple recommandation, le premier ministre ne dictera pas les plans de table aux familles, mais les incite juste à préférer les dîners en petit comité aux grandes tablées. Donc à devoir parfois trier parmi les membres de sa famille. « Le fait même d’en discuter peut créer des conflits, mais la situation nous amène à trouver la moins mauvaise des solutions, et à finalement respecter une certaine démocratie familiale », note le sociologue Serge Guérin, spécialiste des liens intergénérationnels.

Crève-cœur

Anna (le prénom a été modifié) décrit « deux camps dans sa famille », pas loin d’être irréconciliables, entre « ceux qui veulent à tout prix fêter Noël comme d’habitude et les autres, dont [elle fait] partie, qui préfèrent suivre les consignes ». Cette Parisienne de 25 ans n’a pas compris l’entêtement de sa mère à vouloir maintenir le réveillon avec dix adultes, dont ses parents de 78 ans et 80 ans, regroupés sur une seule table.

Anna a fini par convaincre sa maman « qu’il valait mieux un Noël en petit comité mais plus serein »

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