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Noël Goutard, ancien patron de Valeo, est mort

Noël Goutard, le 2 novembre 1998, lors d’une conférence de presse, à Paris.

Il était l’un de ces patrons de choc dont raffolent les exégètes du capitalisme sans frontières et sans complexes. Noël Goutard, ancien patron de l’équipementier automobile Valeo, est mort le 18 décembre, à Paris, à l’âge de 88 ans, huit mois après celui qui fut l’un de ses principaux clients et modèles, Jacques Calvet, décédé au même âge le 9 avril.

Noël Goutard a nourri et peaufiné sans cesse une réflexion « globale » sur la marche du monde

Sa trajectoire, tant personnelle que professionnelle, illustre sa passion pour un monde en constante transformation. Grand voyageur, passionné de cultures étran­gères, lecteur assidu, amateur de joutes intellectuelles, Noël Goutard a nourri et peaufiné sans cesse une réflexion « globale » sur la marche du monde. Le monde des affaires, mais aussi le monde tout court. Son action sur le terrain sera mar­quée tout au long de sa carrière du sceau de l’urgence et de la remise en cause permanente. La crise du Covid-19 n’affectait pas son optimisme sur la façon dont la planète pouvait se réinventer, notamment grâce au numérique.

« Il faut prendre le vent, rester toujours aux aguets, être constamment moderne », martelait-il sans cesse. « Les caractéristiques de l’être humain sont partout les mêmes, disait-il. L’individu répond toujours aux mêmes ressorts : vous lui proposez un bon deal, il saute dessus, si c’est un mauvais deal, il vous botte le cul ! »

Auteur de plusieurs livres – L’Outsider : chroniques d’un patron hors normes (Village mondial, 2005) ; 2030, Mémoires d’un Européen optimiste (Jacob-Duvernet, 2011) –, il s’était marié en 1964 avec Dominique, avec laquelle il a eu deux enfants, un garçon, Frédérick, et une fille, la journaliste Audrey Goutard.

Une anticipation du monde à venir

S’il se défendait d’exprimer une quelconque opinion politique ou religieuse – « le président d’une société doit représenter l’ensemble des opinions de ses collaborateurs, il doit par conséquent être absolument neutre sur ces sujets » –, l’homme n’hésitait jamais à mettre les pieds dans le plat. Comme ce jour où, venu donner son avis au CNPF (le futur Medef), il dénoncera l’irresponsabilité de l’industrie chimique française dans le domaine de l’environnement – encore une anticipation du monde à venir… « J’avais craché dans le sanctuaire », racontait-il avec gourmandise.

Noël Goutard fait ses premières armes de cadre à Wall Street, à New York, en 1954

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