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Mots doux et sujets qui fâchent entre Washington et Bruxelles

Joe Biden lors de sa conférence de presse à la Maison Blanche. Le même jour il est intervenu par visioconférence à la Commission européenne. Washington, le 25 mars 2021.

Une brève introduction par le président du Conseil européen, une brève intervention de l’intéressé, une brève conclusion par Antonio Costa, le premier ministre du Portugal, qui exerce la présidence tournante de l’Union : il n’en fallait pas plus, sans doute, jeudi 25 mars, pour concrétiser définitivement les retrouvailles entre les Etats-Unis et l’Europe. Joe Biden, « invité exceptionnel » – par visioconférence – de la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept était le premier président à participer à un tel événement depuis Barack Obama, il y a onze ans.

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Multilatéralisme, valeurs, engagement mutuel, volonté commune de prospérité : il n’y avait rien que des mots doux aux oreilles des Européens dans cet échange centré, selon Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, sur la lutte contre le réchauffement climatique, une croissance durable, une relance riche en emplois et la nécessaire unité du monde occidental. Et, bien sûr, la nécessité d’enrayer la pandémie. Mme von der Leyen et Charles Michel, le président du Conseil européen, n’ont toutefois pas répondu quand on leur a demandé si le locataire de la Maison Blanche était prêt à aider l’Europe à acquérir des vaccins.

Pas question, en tout cas, de gâcher l’ambiance en évoquant les quelques sujets qui, malgré tout, sont approchés différemment par Washington et Bruxelles. Présent dans la capitale belge pour une réunion ministérielle à l’OTAN et des rencontres avec les responsables européens, le secrétaire d’Etat Antony Blinken en a habilement évoqué quelques-uns, cette semaine.

« Réel désaccord » sur Nord Stream 2

Les relations avec la Chine d’abord. Il a plaidé pour « des consultations étroites » tout en soulignant les « préoccupations » de l’administration Biden concernant le commerce, les droits humains et les investissements. Avant sa prise de fonctions, le président démocrate avait suggéré aux Européens d’attendre avant de conclure avec Pékin un accord sur les investissements, fin décembre 2020. Traduisant le regret que M. Biden n’ait pas été suivi, M. Blinken a déclaré : « Quand l’un d’entre nous est soumis à la contrainte, nous devrions répondre en tant qu’alliés et travailler ensemble pour réduire notre vulnérabilité, en faisant en sorte que nos économies soient plus intégrées entre elles qu’avec celle de nos principaux compétiteurs. »

Le secrétaire d’Etat a annoncé, avec le haut représentant Josep Borrell, la relance du dialogue euro-américain sur la Chine, tout en indiquant son refus de forcer les Européens à « choisir » entre les Etats-Unis et la Chine. Avec, visiblement, l’espoir de faire coïncider les futures actions de l’Union avec ses paroles, quand elle décrit Pékin comme « un rival systémique ».

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