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Moscou déplace des troupes à la frontière ukrainienne, Kiev craint des « provocations »

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, lors d’une conférence de presse à Kiev, en décembre 2019.

Nouveau rebondissement dans le conflit qui oppose Moscou à Kiev. Alors que les Russes ont déplacé des troupes à la frontière ukrainienne, jeudi 1er avril, le président ukrainien a mis en garde contre le risque de « provocations » russes dans l’est séparatiste du pays.

« La démonstration de force sous forme d’exercices militaires et de possibles provocations le long de la frontière est l’occupation traditionnelle de la Russie », a dénoncé le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, dans un communiqué. En plaçant des troupes à la frontière, Moscou « tente de créer une ambiance menaçante et de faire pression » sur l’Ukraine, a-t-il poursuivi, tout en appelant à négocier une nouvelle trêve dans cette zone.

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Moscou a réagi dans la journée, intimant à Kiev et aux Occidentaux de ne pas « s’inquiéter » des mouvements de ses troupes. « La Russie déplace ses forces armées sur son territoire comme elle l’entend », a ainsi déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, ajoutant que « cela ne représente une menace pour personne et ne doit inquiéter personne ».

Inquiétudes des services de renseignement ukrainiens

Après une longue trêve durant la deuxième moitié de 2020, le conflit dans l’est de l’Ukraine a connu depuis janvier une multiplication des heurts, qui ont provoqué la mort de 19 soldats ukrainiens, les deux camps s’imputant la responsabilité de l’escalade. Ukrainiens et Américains ont en outre fait état de récents mouvements de troupes russes en Crimée, péninsule annexée par Moscou en 2014, et à la frontière russo-ukrainienne, près des territoires contrôlés par les séparatistes prorusses.

Le renseignement militaire ukrainien a ainsi accusé Moscou de préparer « l’entrée » de ses « forces armées régulières » dans les territoires séparatistes « au motif d’y protéger » les habitants, auxquels la Russie a distribué des centaines de milliers de ses passeports. Les troupes russes pourraient « tenter de pénétrer plus loin dans le territoire ukrainien », a ajouté le service de renseignement dans un communiqué.

Témoignant de la préoccupation croissante des Etats-Unis, le chef d’état-major des armées américaines, le général Mark Milley, s’est entretenu mercredi avec le chef d’état-major russe Valéri Guérassimov, et avec le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Rouslan Khomtchak. Ce dernier avait dénoncé plus tôt « une menace pour la sécurité militaire » ukrainienne, affirmant que les séparatistes comptaient 28 000 combattants et « plus de 2 000 instructeurs et conseillers militaires » russes.

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Condamnations des Etats-Unis et de l’Union européenne

Les Etats-Unis ont mis en garde, jeudi, la Russie contre toute tentative d’« intimidation » visant l’Ukraine. « Nous sommes absolument préoccupés par les récentes escalades d’actes agressifs et provocateurs de la Russie dans l’est de l’Ukraine », a dit le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price, devant la presse. « Nous nous opposons à tout acte agressif qui aurait pour but d’intimider ou menacer notre partenaire, l’Ukraine », a-t-il ajouté.

De son côté, l’Union européenne a estimé qu’il s’agissait « d’une nouvelle violation du droit humanitaire international », par la voix du porte-parole du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. Aussi, « l’UE ne reconnaît pas et ne reconnaîtra pas l’annexion illégale de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol », annexées en 2014 au détriment de l’Ukraine, a-t-elle ajouté.

« L’Union européenne soutient sans faille l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières et appelle la Russie à cesser toute violation du droit international dans la péninsule de Crimée », a-t-elle conclu.

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13 000 morts depuis 2014

Moscou a toujours nié avoir eu des hommes ou des armes sur le terrain. M. Peskov a réaffirmé jeudi que « les militaires russes » n’avaient « jamais pris part » à cette guerre. Le Pentagone a quant à lui dit cette semaine que les forces américaines en Europe avaient été placées en phase de surveillance renforcée contre une « crise imminente potentielle » et que les Etats-Unis avaient évoqué les tensions en Ukraine avec leurs partenaires de l’OTAN.

La guerre en Ukraine, qui a fait plus de 13 000 morts, a commencé en 2014 après l’annexion de la Crimée, dans la foulée d’un mouvement pro-occidental à Kiev que Moscou voulait à tout prix éviter.

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Le Monde avec AFP

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